Charlotte de Witte
Ondes de choc
Voilà un moment que Charlotte de Witte traîne dans le paysage électronique – quinze ans déjà. On ne reviendra pas sur les nombreuses critiques, pas toujours fondées, dont elle fit l’objet depuis ses débuts : trop jeune, trop jolie, trop bien placée (un père chez EMI, ça aide forcément). Reste que la Gantoise a squatté les DJ-booths du monde entier et, a priori, ce n’est pas pour son joli minois… mais pour son efficacité à retourner un dancefloor en deux temps, trois mouvements. C’est d’ailleurs ce même savoir-faire que l’on retrouve sur son premier album, publié après vingt-cinq EP. Un disque peu surprenant pour qui l’a vue en live ces dernières années. L’œuvre résume son style, en somme : une techno volontiers martiale, trempée dans l’acid et les réminiscences des premières raves anglaises, mais avouons-le, excessivement produite. N’empêche, la patronne du label KNTXT maintient une pulsation addictive, de l’ouverture acid The Realm au breakbeat aérien Higher, de l’écho grégorien Domine jusqu’au point d’orgue After The Fall (avec le timbre légendaire de Lisa Gerrard, alias madame Dead Can Dance). De quoi démontrer que sa réputation n’est plus à faire, ni usurpée. Les mauvaises langues peuvent se taire et lever les bras.



