Princess Nokia
Colère en héritage
1992, grande année pour le hip-hop new-yorkais. Cette année-là, Big Apple accoucha de deux monuments : le Wu-Tang Clan et…Princess Nokia. Qui intitula d’ailleurs son second album 1992 (paru en indé en 2016, puis réédité un an plus tard par Rough Trade). Entre ces débuts et aujourd’hui, la native du Lower East Side a tout exploré, mêlant trap, soul, rap boom-bap, house ou jungle d’un titre à l’autre avec la même dextérité et un certain sens du style. Il y eut bien sûr quelques faux-pas : en 2023, elle posait sa petite voix nasillarde sur des rythmes pop punk le temps d’un EP (I Love you but this is Goodbye), et c’était… disons, peu convaincant. Elle aura essayé. Celle qui se présentait en garçon manqué (l’entêtant Tomboy) assume aujourd’hui sa féminité. Pour preuve, sa pochette (cette culotte ensanglantée) et ses paroles bien vénères (écouter Blue Velvet ou Medusa pour avoir une petite idée de ce qui l’anime…). Bonne nouvelle : cette colère est mise en son sur des beats sans fioritures mais plein d’inventions, conjuguant groove et électricité, swing et colère. Une pensée pour Cardi B ou Nicky Minaj, renvoyées à leur statut d’influenceuses manucure : Princess Nokia reprend son trône.



