The Horrors
Les mutants
En 2025, on se sent face à The Horrors un peu comme un badaud sur un chantier : on sait vaguement ce qui se trame ici, on voit à peu près où ils veulent en venir, mais on se demande quand même combien d’étapes cela prendra. C’est quoi, The Horrors, au juste ? Ou plutôt, quelle est la ligne artistique de sa tête pensante, Faris Badwan ? Dernier membre originel, avec le bassiste Rhys Webb, de la formation née en 2005, le grand échalas a mené son groupe sur de vastes et divers territoires. On ne l’a pas toujours suivi aveuglément, mais on retient quelques chouettes souvenirs de cette modeste odyssée. À leurs débuts, les Anglais apparurent en garage-rockeurs vaguement gothiques, un truc post-Cramps et gentiment arty. Puis terrassèrent l’auditoire avec Primary Colours (2009), sorte de condensé post-punk et shoegaze qui présentait Joy Division aux Chameleons – réussite totale. Outre un pas de côté avec sa compagne, la soprano Rachel Zeffira (le duo Cat’s Eyes), Badwan s’essaya au néo-psychédélisme, aux hymnes de stade, au revival Madchester… Night Life, dernier disque en date, les voit fureter du côté de Nine Inch Nails, dans un rock mâtiné de sons industriels et de grosses guitares nineties. Voilà où en sont The Horrors aujourd’hui. Et demain ?



