I Love Peru
Drôle d'oiseau
Partir au Pérou à la recherche du fameux condor des Andes après une rupture ? Pourquoi pas. C’est en tout cas le point de départ du premier film de Raphaël Quenard, co-réalisé avec Hugo David. Tout juste césarisé après une ascension fulgurante, l’acteur incarne ici une version inattendue de lui-même, dans un docu-fiction… pas si imaginaire que ça.
Le film débute comme une rétrospective. On remonte le fil de sa success story, de ses débuts timides à ses premiers grands rôles aux côtés de ceux qu’on ne présente plus, comme François Civil ou Gilles Lellouche… C’est sur le tournage du making-of de Chiens de la casse qu’il rencontre Hugo David. D’abord simple observateur, ce dernier se met à le filmer presque par accident. Deux ans plus tard, il a capté la mutation d’un figurant passionné en une véritable vedette. Si I Love Peru déstabilise par son absence de scénario clair et ses images prises à la volée, il parvient à saisir un homme en conflit avec lui-même, un acteur tentant de dire sa vérité alors que la réalité lui échappe. Raphaël Quenard s’y dévoile sans filtre, dans une performance flirtant avec l’autofiction et la psychanalyse.
L’envol
Au cœur de ce délire filmique, plusieurs thèmes sont abordés : l’amitié comme moteur, l’amour qui laisse un vide béant, le succès qui grise autant qu’il isole. Surtout, I Love Peru est un récit sur la solitude. Celle qu’on cache, qu’on fuit à travers les rôles, les plateaux, les tapis rouges. Et c’est dans la métaphore du condor (ce roi des airs, majestueux et solitaire), qu’il livre sa vérité la plus poignante. L’histoire devient alors une réflexion douce-amère sur l’acceptation de cette solitude comme condition de l’envol. Entre fiction et réalité, chaos et tendresse, I Love Peru est un film étrange, parfois brouillon, mais profondément touchant, à l’image de son héros.
De Raphaël Quenard et Hugo David, avec Raphaël Quenard, Hugo David, Anaïde Rozam… En salle



