Home Best of Chroniques Little Simz

Lotus

(AWAL Recordings)

Le hip-hop britannique porte beau, et doit beaucoup son impertinente santé à Little Simz. Trois ans après un No Thank You gorgé de gospel et de soul, celle que Kendrick Lamar considère comme la meilleure rappeuse de sa génération repousse toujours les limites de son art. Ce sixième album est placé sous le signe du lotus, rare fleur capable de naître de la boue et parfaite métaphore de la transformation de la laideur en beauté. Puisant comme toujours dans sa propre vie (pour mieux toucher la nôtre), la Londonienne explore une large palette musicale, entre afrobeat et jazz, spoken word façon Kae Tempest ou symphonie néo-soul (Michael Kiwanuka n’y est pas pour rien…). Traversés de cordes sensibles (guitare, piano) et de cuivres, ces 13 morceaux oscillent entre les ténèbres et la lumière. Ici l’amour triomphe de la peur et du doute (Free, dont l’allégresse rappelle celle de Selfish), la spiritualité du matérialisme creux. En témoigne Flood où, accompagnée du Nigérian Obongjayar et de la Sud-Africaine Moonchild Sanelly, Simz érige ses propres commandements sur une basse post-punk et des rythmes tribaux. L’Anglaise n’a rien perdu de sa rage, et c’est une divine nouvelle.

Julien Damien
Articles similaires