Retro C Trop
Hier ne meurt jamais
Les tenants d’une ligne pseudo-moderniste se gaussent ou se révoltent, s’accrochant à la sacro-sainte nouveauté, au défrichage, voire à l’avant-garde. Certes, la mélomanie est affaire de curiosité. Mais doit-on pour autant oublier nos amours de jeunesse au prétexte que celle-ci serait révolue ?
Bien sûr, certains parcours, humains et musicaux, ressemblent à des naufrages – citons Renaud ou Morrissey. Mais ailleurs, de vieilles badernes tiennent dignement la lanterne. On s’incline ainsi devant l’honnêteté d’un Manu Chao, qui a toujours tenu une ligne de conduite intègre. Le choix des festivals où il se produit en dit long sur eux : des événements jamais énormes, à taille humaine, respectant certaines valeurs… Rien que pour cela, on salue Retro C Trop. Ailleurs on applaudira, évidemment, pour la énième fois, le crooner proto-punk Iggy Pop comme les tauliers de The Skatalites, institution jamaïcaine depuis 1964 et ne comptant plus qu’une seule membre fondatrice en la personne de Doreen Shaffer.
God Save the Punk
Enfin, les débats sont animés quant à l’énième reformation des Sex Pistols. Les auteurs de la grande escroquerie du rock’n’roll, jadis honnêtes pub rockers devenus parangons du punk grâce à un chanteur asocial et un manager malin, remontent sur scène avec Frank Carter (des Rattlesnakes) en lieu et place de Johnny Rotten. Verdict ? Un numéro de cirque selon ce dernier, aigri depuis 1956. Or, Rotten a souvent clamé s’être inspiré du Richard III de William Shakespeare. Où est le problème, alors, si un autre comédien reprend le rôle brillamment ? Après tout, les Sex Pistols ont écrit des standards et leur (unique) album constitue une pièce du répertoire.
Programmation / 27.06 : Manu Chao, The Skatalites // 28.06 : Sex Pistols feat. Frank Carter, From the Jam, Sweet, Stiff Little Fingers, The Stranglers // 29.06 : Iggy Pop, The Toy Dolls, Rival Sons, The Nomads, Silmarils



