Home Cinéma Simón de la montaña

Double Je

© Arizona distribution

Argentine. Simón, 21 ans, se lie d’amitié avec des personnes en situation de handicap mental, jusqu’à adopter leur comportement et leurs habitudes. À leur contact, devient-il quelqu’un d’autre ou est-il enfin lui-même ? Sa mère et son compagnon tenteront de s’ériger en garde-fou, mais seront bien démunis face aux événements… 

La scène d’ouverture en pleine Cordillère des Andes apocalyptique donne à voir un personnage en rupture, près de se réinventer au contact d’inconnus littéralement “hors norme”. Est-ce une simple crise d’adolescence à retardement, la résurgence d’un trauma ou l’éveil soudain d’une sensualité débordante ? Ce film soulève davantage de questions qu’il ne donne de réponses… Federico Luis signe un premier long-métrage âpre, exempt de toute musique. Tournée avec des personnes neuro-atypiques (à l’exception de l’acteur principal et des adultes incarnant l’autorité), l’oeuvre interroge la notion même de handicap. Le réalisateur souhaite d’ailleurs que l’on considère ces personnes comme étant « hyper-perceptives ». Surtout, comment ne pas voir là une critique à peine voilée à l’encontre de Javier Milei, alors que l’Institut national du cinéma et des arts audiovisuels (l’INCAA) vient de fermer ses portes en Argentine… Ce Simón ferait alors figure d’allégorie, incarnant à lui seul un pays en plein désarroi, une entité hantée. Que faire ? Ne pas sortir du cadre ou se réinventer librement et totalement ? Une personnalité sur la corde raide, aussi déroutante que bouleversante.

Selina Aït Karroum / Photo : © Arizona distribution

 De Federico Luis, avec Lorenzo Ferro, Kiara Supini, Pehuén Pedie, Agustín Toscano… En salle

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