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Beauté intérieure

© Nick Veasey

Quelque part entre l’art et la science, le photographe anglais Nick Veasey réalise des clichés grâce… aux rayons X. Ses oeuvres révèlent les mécanismes cachés de la vie quotidienne, sondant l’intérieur des corps, des matières et des objets à travers des mises en scène astucieuses. Spectaculaire, ce travail ne manque pas non plus de profondeur, offrant un remède salutaire à une société rongée par la superficialité. 

Au départ, Nick Veasey était photographe dans le secteur de la publicité, produisant des images somme toute classiques. Et puis un jour, suite à une commande pour la télévision, on lui demanda de radiographier une canette de soda. Ce fut la révélation. Et si la radiographie servait un usage artistique ? Voire philosophique ? « Je souhaite simplement montrer les choses de manière honnête, sans artifices, avec un regard neuf, revendique l’intéressé. Aujourd’hui, chacun accepte la vie liftée d’Instagram. Nous sommes obsédés par l’apparence, je trouve ça ridicule. Pour moi, c’est la substance, ce qu’on a en notre for intérieur qui compte vraiment ». Il y a une trentaine d’années, le Britannique a ainsi troqué son objectif pour une machine à rayons X, explorant l’invisible pour révéler une autre dimension de notre quotidien.

Exploration à l’os

Nick a installé son studio au milieu de la campagne anglaise, dans un ancien poste d’espionnage racheté à l’armée. Derrière ses allures de bunker, le lieu est suréquipé et surprotégé, l’exposition aux rayons s’avérant dangereuse, voire mortelle. L’artiste travaille d’ailleurs avec un compteur Geiger (et un caleçon en plomb !). Afin de ne tuer aucun de ses modèles, il a également déniché le cobaye parfait : un squelette, acheté via Amazon et immortalisé dans des mises en scène drolatiques. Le voilà barman, surfeur, guitariste de rock, gameur, breakdancer ou telle Marilyn Monroe retenant sa robe virevoltante.

© Nick Veasey

© Nick Veasey

Ça plane pour lui 

Bien sûr, l’artiste s’intéresse aussi aux objets. Et sous ses rayons, tout y passe, de la paire de chaussures au bus. D’ailleurs, il détient le record de la plus grande radiographie. Parmi ses réalisations on trouve en effet… un Boeing 777 ! Pour réaliser ces clichés inédits, il utilise toujours la même technique : la superposition de plusieurs petites images composant l’oeuvre finale, un peu comme un puzzle. Le procédé peut prendre des mois, voire des années, mais le résultat en vaut la chandelle. « Mon but est de laisser un héritage constitué de la plus grande collection de radiographies possible », déclare Nick Veasey, dont le travail n’a pas fini de rayonner.

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A LIRE ICI / L’INTERVIEW DE L’ARTISTE

Lou-Anne Sedda & Bathilde Fleuret / Photo © Nick Veasey

À visiter / nickveasey.com