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Les Couleurs du Temps

 © Alasdair McLellan

On ne va pas vous faire le coup de la métaphore éculée sur la chrysalide et le papillon. N’empêche, il y a bien de cela dans le parcours de Jamie xx, jeune Anglais pâlot (pléonasme) devenu, en une quinzaine d’années, expert ès-tubes indie, réclamé derrière les manettes des plus grands, acclamé dans les clubs comme sur les scènes.

C’est dans la pureté du noir et blanc que surgit Jamie xx. C’était en 2009. Jamie et ses amis (Romy Madley Croft et Oliver Sim) apparaissaient mal fagotés, timides et gauches, mais ô combien inspirés à l’heure de composer des chansons d’une tristesse et d’une profondeur insondables. Le premier essai de The xx, à l’épure héritée de Young Marble Giants, demeure toujours aussi pertinent. Cependant, la cou leur est revenue dans la vie de Jamie Smith, par des biais variés. Le Londonien a essayé, tâtonné, collaborant avec Gil Scott-Heron, Frank Ocean et Tyler, The Creator, alignant les remixes (Glasser, Nosaj Thing, Adele, Radiohead, Four Tet, on en passe) et, surtout, signant deux albums éminemment personnels.

La métamorphose

Faisant fi du précepte de l’oncle Tati (« trop de couleurs distrait le spectateur »), l’Anglais signait In Colour (2015), merveille electropop présentant le dancehall hédoniste à un dubstep mélancolique. Mais c’est avec In Waves qu’il signait l’un des plus beaux disques de l’an passé, en condensant pas loin de quarante ans de musiques électroniques dans un album aux allures de DJ set imaginaire – et idéal. Adieu, les débuts tristounets de The xx, place à des morceaux insensés où la démesure (son savoir-faire technique) le dispute à l’intime. Car au fond, bien qu’épanoui, Jamie xx demeurera toujours ce post-ado timide et mal fagoté qui préfère passer des disques plutôt que danser dessus.

Thibaut Allemand / Photo : © Alasdair McLellan
Concert(s)
JAMIE XX
Bruxelles, ING Arena
09.03.2025 à 20h00Complet !
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