R·onde·s
Ça tourne !
C’est une figure ancestrale, sinon universelle, de la danse. Alors, peut-on réinventer la ronde ? Voici en tout cas le nouveau défi de Pierre Rigal. Chorégraphe parmi les plus courus, révélé avec des pièces à l’énergie débordante, flirtant avec le cirque, le Toulousain présente à Douai une œuvre festive et participative.
Comme un symbole, l’idée lui est venue dans un collège, où il effectuait une intervention pédagogique. En effet, quoi de plus enfantin et spontané qu’une ronde ? Certes, le motif est simple, mais d’une richesse infinie. Il offre la possibilité d’une multitude de gestes à l’unisson et, en filigrane, une belle allégorie de la solidarité, de ce rapport de l’individu au collectif, où chaque mouvement se répercute sur le groupe. « Comme une société humaine en miniature », observe le chorégraphe. Sur scène, huit interprètes apparaissent sous un châle dissimulant leur visage, tandis que résonnent les accords d’une transe mélodieuse et un chant envoûtant. Cette farandole prend d’abord les allures d’un rituel chamanique… Puis très vite, des figures géométriques se mettent en place. Impeccablement synchronisés, les gestes se complexifient, deviennent de plus en plus acrobatiques. Les danseurs et danseuses se tiennent par le bras ou se séparent, virevoltent ou tournoient sans jamais briser l’harmonie du groupe, ni se départir d’une indéniable ferveur. Cette implacable circonvolution évoquera alors le ballet parfait des atomes ou des planètes, avant de s’ouvrir au public, au fil d’un spectacle… rondement mené.






