Cabaret de curiosités
Objectif lutte
En prise avec le monde tel qu’il déraille, ce festival créé par le Phénix de Valenciennes fait une nouvelle fois la part belle à la création et au spectacle (bien) vivant. Engagée, et engageante, cette édition interroge les ressorts de la lutte dans une société rongée par les conflits.
L’art peut-il changer le monde ? Il peut au moins en susciter l’envie. Sur une planète qui n’en finit plus de brûler, le Cabaret de curiosités entre en guérilla. « Le terme sous-entend un mode de résistance et d’engagement, il s’agit d’allumer des contre-feux artistiques », précise Romaric Daurier, le directeur du Phénix. En cela, Lisaboa Houbrechts fait figure de porte-étendard de cette édition rebelle. La Flamande s’empare de Mère Courage de Bertolt Brecht, puissant plaidoyer contre la guerre. Soit l’histoire d’une cantinière promenant sa roulotte et ses enfants sur les champs de bataille, gagnant opportunément de l’argent en ravitaillant les troupes, jusqu’à tout perdre… Si elle respecte le texte original, la metteuse en scène lui offre une dimension d’autant plus universelle en mêlant les langues et les cultures, dans un format proche de l’opéra.
Amour interdit
Dans un registre plus intimiste, citons l’adaptation par Marie Fortuit de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc. Écrit en 1954, paru en 1966, ce court roman, « le dernier ouvrage censuré en France », ne sera publié dans sa version intégrale qu’en 2000. Pour cause, il raconte l’éclosion du désir entre deux adolescentes dans le pensionnat d’un collège du Valenciennois. Au fil d’un spectacle traversé de musique classique et de chansons populaires, cette création évoque . Il nous emporte aussi dans les méandres d’une passion interdite, cette fois sans résistance…
La preuve par trois
Tenir
(Eva Aubigny)
Quand la danse devient un acte de résistance, et même de résilience. Seule sur le plateau et face à une bougie qui se consume lentement, Eva Aubigny décompose ses gestes au ralenti dans un équilibre précaire. En fond sonore résonnent les bruits du monde, et sa chorégraphie constitue alors un cri sourd face au chaos qui nous menace.
>> Valenciennes, 26 & 27.02, Espace Pasolini 16h30, 10 > 5€
Kséniia
(Kséniia Onishchenko, Laurent Hatat & Lionel Palun)
Grâce au Laboratoire des curiosités, nouveau temps fort du festival révélant des projets en cours, on découvre la création poignante de Kséniia Onishchenko. Artiste accompagnée par le Phénix, réfugiée à Valenciennes depuis l’offensive russe, l’Ukrainienne partage le récit de sa vie bouleversée dans un spectacle mêlant musique, images 3D et émotion.
>> Valenciennes, 26 & 28.02, Le Phénix mer : 14h30 & 15h • ven : 16h30 & 17h, gratuit
L’Abolition des privilèges
C’est un acte fondateur de notre république, décidé par la toute jeune Assemblée nationale le 4 août 1789. Dans un État en déficit, où les plus riches échappent à l’impôt, les députés votent l’abolition des privilèges (de la noblesse, du clergé…). Seul sur scène, un comédien livre en 1h15 une vivifiante leçon d’histoire, plus que jamais d’actualité…
>> Douchy-les-Mines, 26 > 28.02, L’Imaginaire, mer : 20h • jeu : 14h30 • ven : 14h30 & 20h, 9 > 5€
Sélection / 25.02 : Jean Lambert-wild et Catherine Lefeuvre – Le Roi se meurt... // 26 & 28.02 : Kséniia Onishchenko, Laurent Hatat & Lionel Palun – Kséniia, un prénom qui veut dire l’étrangère // 26 > 28.02 : Marie Fortuit – Thérèse et Isabelle, Hugues Duchêne – L’Abolition des privilèges // 27.02 : Emma Gustafson, anima motrix & Jon Fosse – Comme des étoiles // 27 & 28.02 : Lisaboa Houbrechts – Mère Courage, Jeanne Lazar – Neiges éternelles…








