Home Best of Chroniques Comment j’ai mangé mon sapin de Noël

Recettes épineuses

© Lizzie Mayson

Vous ne savez pas quoi faire de votre sapin une fois les fêtes passées ? Ne le jetez pas, mangez-le ! C’est l’idée pas si saugrenue de Julia Georgallis. Alors que près de six millions de conifères sont coupés chaque année en France, et nombre d’entre eux abandonnés sur les trottoirs, cette cuisinière anglaise propose des recettes astucieuses pour se délecter de ses branches et épines.

« Je serai franche, il faut se donner un peu de mal pour réussir à tirer des conifères un mets délicieux », prévient Julia Georgallis en préambule de son ouvrage. D’ailleurs, et vous l’aurez sans doute deviné, il ne s’agit pas ici de croquer dans le premier tronc venu ! Plutôt d’utiliser certaines parties du “roi des forêts” pour donner à notre assiette un petit goût boisé. L’autrice y ajoute aussi tout un panel d’arbres qui, de près ou de loin, ont un rapport avec les fêtes de fin d’année. Que ce soit par filiation (le genévrier, un “cousin” du cyprès) ou par leur utilisation dans d’autres folklores, tel le bambou. Mais une chose est sûre, ses créations ne manquent pas de piquant.

Fibre écolo

Au gré d’une quarantaine de plats sucrés ou salés, la Britannique nous propose par exemple d’agrémenter le couscous (de Noël !) de pignons de pin, ou de relever les légumes de saison avec de la cendre de sapin, histoire de les nimber d’un doux parfum fumé. On se laissera aussi tenter par un sorbet de citron, huile d’olive et pin blanc, que les plus aventureux accompagneront de vodka infusée à l’épicéa… Au-delà de l’originalité culinaire, Julia Georgallis veut surtout nous encourager à « prolonger l’espérance de vie déjà bien courte de notre arbre de Noël ». Et, en cette période propice à la (sur)consommation, « favoriser la réutilisation et le recyclage ». Un sujet autrement plus épineux…


La preuve par 3

Poisson fumé de Noël

Le poisson frais, choisi selon l’arrivage chez votre poissonnier, est mariné dans un mélange de branches de conifère, de cassonade, de sel, de citron et de betterave. Laissez le temps faire son oeuvre : il faut prévoir entre deux jours et une semaine pour un résultat optimal.

Membrillo aux pommes et au sapin

Cette pâte de fruits espagnole, habituellement préparée avec du coing, est ici revisitée avec de la pomme et des aiguilles de sapin ou d’épicéa. La patience est de mise : après avoir mélangé votre compote, laissez prendre entre dix jours et deux semaines !

Smerka

Pour patienter, quoi de mieux qu’une petite boisson ? Cette potion est fermentée à partir de baies de genévrier, offrant un goût de gin sans alcool. Mélangez simplement les baies avec de l’eau, du miel et du citron, puis laissez la magie opérer pendant dix jours. Garanti sans gueule de bois !

Arthur Chapotat / Photo © Lizzie Mayson

À lire / Comment j’ai mangé mon sapin de Noël, de Julia Georgallis (Éditions du Rouergue), 140 p. 19,50€

À visiter / lerouergue.com ; juliageorgallis.co.uk

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