Monsieur Aznavour
En haut de l’affiche
Comment Charles Aznavourian, fils de réfugiés arméniens, est-il devenu le héraut de la culture française dans le monde entier ? C’est à cette question que ce biopic signé Mehdi Idir et Grand Corps Malade tente de répondre. Dans la peau de l’auteur-compositeur-interprète, Tahar Rahim retrace en 2h15 ses amis, ses amours, ses emmerdes.
Parti de rien, arrivé au sommet. Tel est le destin de Charles Aznavour. Le film raconte les grandes étapes de sa vie, de la découverte de la scène à huit ans jusqu’à la consécration dans les années 1960, 1970 et 1980, en passant par sa rencontre avec Édith Piaf, ses nombreux mariages et, bien sûr, la genèse de ses succès internationaux. On y découvre un homme sûr de lui, persuadé que son physique et son timbre voilé ne l’empêcheront pas de briller. Un bourreau de travail qui ne cessera jamais d’écrire et de se produire… au détriment parfois de sa vie privée. Car le biopic n’élude pas la part d’ombre de l’artiste, qui délaissait femmes et enfants pour bâtir son œuvre. Soit un répertoire comprenant environ 1 200 chansons, oscillant de la grande variété au jazz sans oublier des intervalles pop.
Effet miroir
La musique porte ici les images à merveille. Avec autant de titres, il en existe toujours un pour illustrer chaque moment clé de cette éblouissante carrière. De grands noms s’ajoutent à cette B.O, notamment Dr. Dre avec le titre What’s the Difference construit, rappelons-le, sur un sample de Parce que tu crois. Seule ombre au tableau, la difficulté d’incarner ce personnage sur la longueur. Tahar Rahim, aussi bien intentionné soit-il, pèche parfois par excès de zèle. Arborant quelques postiches grossiers, il frôle le surjeu dans certains gestes. On perd alors de vue le sujet principal pour scruter la performance de Rahim. Ceci posé, ce film de facture assez classique n’en demeure pas moins un hommage remarquable. Sa réalisation épurée révèle notamment dans sa deuxième partie une grande humanité derrière la légende. Medhi Idir et Grand Corps Malade parviennent à transmettre leur admiration pour le grand Charles. Et ça, c’est déjà formidable.
De Mehdi Idir & Grand Corps Malade, avec Tahar Rahim, Bastien Bouillon, Marie-Julie Baup… Sortie le 23/10



