Pas de vagues
Cas d'école
Dans Pas de vagues, Teddy Lussi-Modeste retrace le cauchemar qu’il a vécu en tant que professeur de collège. À mi-chemin entre le film social et le thriller, il dresse un état des lieux lucide de notre système éducatif, reflet du manque de soutien aux élèves comme aux enseignants.
Nous voici au cœur d’un collège d’une banlieue parisienne. Julien, jeune professeur, est accusé de harcèlement par Leslie, l’une de ses élèves. Commence alors pour lui un cauchemar éveillé, d’autant que sa hiérarchie ne l’épaule pas, soucieuse d’éviter le scandale. La consigne est simple : il ne faut “pas faire de vagues…”. Teddy Lussi-Modeste (auteur du remarqué Jimmy Rivière) ne joue pas la carte du suspense. Dès les premières minutes, le spectateur sait que son héros n’est pas coupable. Écrit avec Audrey Diwan (réalisatrice de L’Évènement, d’après Annie Ernaux), le film évite pourtant l’écueil du manichéisme. Si Julien est innocent, il commet aussi des erreurs. En prenant sous son aile quelques collégiens, il favorise ambiguïtés et incompréhensions. De son côté, l’adolescente n’est pas non plus une menteuse. Comme son professeur, elle est une victime : de la violence, du manque d’écoute, de l’effet de meute. Le cinéaste, qui enseigne toujours le français au collège, raconte ici sa propre histoire. Il maîtrise donc bien son sujet. S’interrogeant sur le manque de moyens des enseignants et une certaine inertie de l’Éducation nationale, il signe une œuvre complexe, à la mise en scène tendue comme un arc.
De Teddy Lussi-Modeste, avec François Civil, Shaïn Boumedine, Toscane Duquesne, Mallory Wanecque… En salle



