Jalen Ngonda
Soul Brother
Surgi de nulle part, ou presque, un jeune Américain installé en Angleterre reprend les choses là où les maîtres soul et les pionniers de la pop anglaise les avaient laissées. Croisant ses influences, le musicien imagine des chansons au conditionnel passé, et crée des morceaux dont on entendra parler dans un futur proche.
Aux premières notes de Just Like You Used To, voici deux ans, on pensait être tombé sur un incunable soul. C’est-à-dire une merveille échappée des radars et retrouvée par hasard. Eh bien non. Ce disque venait de paraître, et avait été enregistré aux studios Daptone Records. Tout s’expliquait : fonctionnant comme Stax ou Motown (avec son groupe maison, The DapKings) ce label avait déjà accueilli Charles Bradley ou les regrettées Sharon Jones et Amy Winehouse. Alors, quoi ? Un nouveau petit malin jouant à la manière de, comme Curtis Harding ? Heureusement, non. Guitare en main et voix haut-perchée (on pense plus d’une fois à Marvin Gaye ou Curtis Mayfield) Ngonda ne tombe cependant pas dans les travers habituels. Il n’imite jamais ses idoles. Car les totems soul ne constituent pas son seul horizon. C’est d’ailleurs sous des cieux pluvieux que s’est installé le natif du Maryland. Et c’est depuis Liverpool que l’Américain écrit désormais ses chansons. On décèle alors dans ses compositions des reflets sensiblement plus pop. Si Ngonda ne révolutionne pas le genre, son art classique de l’écriture force le respect. Et sans faire de folies sur scène, il rend justice à ses chansons, tel un artisan de jadis.



