Mambar Pierrette
Tissu social
Entre la Belgique et le Cameroun, l’œuvre de Rosine Mbakam dépeint des figures féminines confrontées à la précarité. Tourné en famille, ce premier long-métrage de fiction met en scène une couturière de Douala, et confirme l’acuité d’un regard formé à l’école documentaire.
Après le salon de Chez jolie coiffure (2018), le micro-atelier de confection de Mambar Pierrette s’offre comme un nouveau poste d’observation de la vie des femmes camerounaises. La période de la rentrée scolaire s’avère particulièrement chargée, à la fois en commandes et en dépenses. Seule avec ses antiques machines, notre héroïne tente de négocier les meilleurs prix de vente afin d’acheter les fournitures nécessaires à ses enfants. Cela constitue à peine une intrigue, mais ce qui intéresse avant tout la cinéaste, c’est la vie sociale se cristallisant dans cette petite pièce, dont la porte, toujours ouverte, laisse entrevoir l’animation d’un quartier périphérique de Douala. On entre, on sort, on discute de ses difficultés financières ou de ses aspirations romantiques. La politique aussi pointe son nez… Par-delà les concours de circonstances, des mouvements de fond affleurent, comme la tentation de l’exil, la dislocation des couples. Rosine Mbakam donne à son entourage l’occasion de se raconter et de s’inventer comme personnage. D’une précision remarquable, la mise en scène magnifie les gestes et les émotions de la protagoniste. Celle-ci est incarnée avec beaucoup de force et de douceur par Pierrette Aboheu, la cousine de la cinéaste, dans un rôle… sur mesure.
De Rosine Mbakam, avec Pierrette Aboheu, Karelle Kenmogne, Cécile Tchana, Fabrice Ndjeuthat… Sortie le 31.01



