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Greatest Hits

(c) DR

Imaginez : un millier de fans absolus de rock et de blues réunis dans une plaine, à un jet de pierre de Louvain, pour applaudir Big Bill, Kandahar, Banzai et The Bintangs. Oui, nous sommes en 1975. Depuis, Rock Werchter a bien grandi , ouvert plusieurs autres scènes et ses horizons musicaux. À tel point que, parmi la centaine d’artistes présents, nous voici obligés d’opérer une sélection sévèrement drastique.

Liam Gallagher

Ah ! Le retour de la belle et grande gueule mancunienne. Réputé moins doué que son grand frère, Liam Gallagher s’est finalement révélé en solo après le faux départ du groupe Beady Eye. Aucun de ses deux essais n’atteignent la cheville d’Oasis. N’empêche, cette démarche inimitable (quoique chipée à Ian Brown, des Stone Roses), cette voix inégalable (bien qu’abîmée ces derniers temps) cette morgue absolue (très surjouée) et ce charisme invraisemblable (non, pas de modération ici) demeurent inégalables. Liam Gallagher, quoi.


Weyes Blood

En quelques années, la Californienne est passée du statut d’expérimentatrice underground à celle de grande voix de la pop moderne. Ses hymnes finement orchestrés, rehaussés d’un timbre hérité de celui de Nico, se nourrissent du soft rock 70’s, mais pas seulement. L’intéressée vous citera Aphrodite’s Child, le compositeur médiéval Guillaume de Machaut ou les demos de Television produites par Brian Eno parmi ses disques de chevet. Sur cette tournée, souvent tout de blanc vêtue, elle apparaît hantée et enchanteresse.

(+ Lille, 27.06, L’Aéronef, 20h, 27/20€, aeronef.fr)


Rosalía

Complot international ? Jeunisme infernal ? On pouvait demeurer circonspect face aux avalanches de dithyrambes submergeant la Catalane depuis la sortie de Motomami (2022), son troisième album. À l’écoute, ce mélange baroque entre flamenco et rap, reggaeton et bolero, salsero et trap s’avère irrésistible. Sur scène, entourée de huit danseurs, l’Espagnole donne corps et coeur à des chansons parfois autotunées mais toujours intimistes, musclées mais sensibles. Elle ose tous les paradoxes, et la magie opère.


Lil Nas X

Lil Nas X a tout compris aux codes de l’entertainement à l’américaine. Il délivre un rap mélodieux, bardé de refrains accrocheurs, piochant aussi bien dans le rap d’Atlanta que dans les grilles d’accords country – débauchant même Billy Ray Cyrus. On remarque aussi son sens de l’image (les clips über-gay) et de la déconnade (le scandale provoqué par ses Nike customisées en mode sataniste). Les grincheux y verront du calcul cynique. Les autres salueront les coups de génie d’un chien fou lâché dans un milieu rigide et masculin.


Billy Nomates

Tor Maries, ou le retournement du stigmate, c’est à dire l’insulte reprise à son compte. Un soir qu’elle s’était rendue seule à un concert, un gros lourd lui lança : « Hé ! T’es une Billy pas d’potes ! » Une “Billy no mates”, donc. Le concert, c’était celui des Sleaford Mods. Quelques années plus tard, vengeance : elle montait seule sur les planches et fit une apparition remarquée sur l’avant-dernier album du tandem. Son premier essai, hargneux et anguleux, la plaçait dans le sillage d’une scène anglaise fauchée, énervée mais inspirée – Dry Cleaning, Shame, Squid, on en passe. Un second essai, plus posé, dévoile une colère froide. Néanmoins l’ensemble demeure intense, à l’image de ses prestations scéniques où la Britannique ne s’embarrasse guère de politesse. Mais qu’elle le veuille ou non, Billy se fait aujourd’hui plein de potes.


The Haunted Youth

Ce groupe s’inscrit dans une histoire que l’on pourrait faire remonter au blues et à ses démons ou, plus près de nous, à tout un pan de l’indie rock US des 90’s qui émargeait du côté de Seattle. Une douleur qui fait écho à celles, bien contemporaines, de ces Belges menés par Joachim Liebens, leader (ostensiblement) écorché vif, abordant sa santé mentale, sa fragilité émotionnelle. Leurs carnets intimes sont joliment mis en musique. Les intéressés citent volontiers MGMT ou Tame Impala. A l’écoute de ces chansons, on songe aussi à Matt Fishbeck, loser magnifique, héraut de Holy Shit et mentor d’une scène californienne maudite (Girls, Ariel Pink, John Maus…) ou, sur le versant anglais, à une certaine idée de la new wave – cette alliance de boîtes à rythmes et de guitares cristallines. En tout cas, sur les planches, Liebens se révèle un frontman habité. Hanté, quoi.

Thibaut Allemand / Photo : Liam Gallagher © DR
Informations
Werchter, Werchter Festivalpark
29.06.2023>02.07.202312h, jour : 127€ (01 et 02.07 complets !)

Sélection / 29.06 : Stormzy, Sam Fender, The 1975, Zwangere Guy, Compact Disk Dummies, Iggy Pop, Nathaniel Rateliff & The Night Sweats, Warhaus, King Princess, Anna Calvi, Weyes Blodd, Röksopp, Aurora, Raye, Ashnikko, Gayle, Holly Humberstone, Picture This, The Snuts, The Reytons, Lil Lotus, Body Type, The Mary Wallopers // 30.06 : Red Hot Chili Peppers, Liam Gallagher, The Black Keys, Kasabian, Black Box Revelation, The Interrupters, The Haunted Youth,  Editors, Ben Howard, Tamino, Fever Ray, Viagra Boys, Squid, Sons, Pup, Smat, Hot Milk, Kelsy Karter & The Heroines, Hideous // 01.07 : Muse, Oscar & The Wolf, Machine Gun Kelly,  Paolo Nutini, Interpol, The Opposites, Xink, Fred Again, Xavier Rudd, Sigur Rós, Blackwave., Dean Lewis, Dope Lemon, Sofi Tukker, Mimi Webb, Danielle Ponder, The Murder Capital, Touche Amore, Just Mustard, Stone, Mayorga // 02.07 : Arctic Monkeys, Queen of The Stone Age,  Lil Nas X, The Lumineers, Dermot Kennedy, Inhaler, Rosalía, Christine and the Queens, Amenra, The Teskey Brothers, Rüfüs Du Sol, Jacob Collier, Portland, Merol, Pip Millett, Lovejoy, Billy Nomates, Baby Queen, Nova Twins, Destroy Boys, Ethan Bortnick

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