Chien de la casse
En meute
Le Pouget, ses églises, son Bar PMU et ses 2 000 habitants, parmi lesquels “Dog” et Mirales. Chien de la casse n’est pas un documentaire sur un village de l’Hérault, mais sa beauté tient à sa manière de mêler une histoire d’amitié à une géographie singulière.
“Dog”et Mirales ne sont pas partis. C’est peut-être cela qui les lie d’abord. Amis depuis le collège, ils habitent toujours le même village. L’un envisage de s’engager dans l’armée, l’autre dort sur sa formation de cuisinier. En attendant, ils dealent un peu d’herbe, survêt’ Lacoste et gros son dans la Peugeot 205, mais ce ne sont pas vraiment des durs. Mirales (Raphaël Quenard) prépare même des petits gâteaux pour la voisine, ancienne pianiste professionnelle qu’il aime écouter jouer. Pour son premier long-métrage, Jean-Baptiste Durand tourne à domicile, et se souvient de sa propre jeunesse. Le scénario, rigoureux, laisse s’épanouir un verbe haut, mais il n’est pas dupe des séductions de la tchatche. Mirales humilie son pote plus souvent qu’à son tour, rongeant l’os de son insatisfaction. Chien de la casse s’aventure dans des zones troubles, où l’amitié a des allures d’intrusion. Que “Dog” (Anthony Bajon) rencontre une fille (Galatéa Bellugi), et c’est pour Mirales la fin trop longtemps différée de l’enfance qui lui saute à la gorge. Quenard, aboyant plus qu’il ne mord, tient son premier grand rôle. Et Bajon, avec son regard de chien battu, confirme la densité de son jeu. Une meute à suivre, donc.
De Jean-Baptiste Durand, avec Raphaël Quenard, Anthony Bajon, Galatéa Bellugi… Sortie le 19.04



