Jonathan Bree
Freak Show
Figure singulière d’une scène néo-zélandaise décidément emballante, Jonathan Bree a le chic pour façonner de charmants petits tubes tristes. Après plus de 20 ans de carrière, l’homme masqué colle plus que jamais au zeitgeist d’une époque fatiguée d’elle-même, mais toujours prête à danser.
Jonathan Bree, ou le secret le mieux gardé de l’indie pop ? Plus vraiment non, même si le Néo-Zélandais cultive toujours un certain mystère, le visage éternellement recouvert d’un masque blanc en élasthanne. Après deux albums solos passés inaperçus, l’ancien leader des sympathiques Brunettes est sorti de l’anonymat par la grâce d’un morceau : You’re so Cool – qui n’a stricto sensu rien de “cool”. Publiée en 2018, cette merveille de chanson contient à elle seule tout ce qui fait le charme du fondateur du label Lil’Chief Records : une pop orchestrale spleenétique à souhait, tout en cordes et synthés, des textes sibyllins, un sens imparable de la mélodie. Surtout, l’ensemble est porté par cette voix grave de crooner d’outre-tombe, rappelant par endroits Scott Walker ou Lee Hazlewood. Produit par le roi du funk Nile Rodgers, qui œuvra (entre autres !) pour David Bowie ou Daft Punk, son cinquième album (Pre-Code Hollywood) ne se départit toutefois pas de cette mélancolie cotonneuse – voire gothique. Sur scène, ce complice de Princess Chelsea est entouré de choristes aux gestes synchronisés, comme des automates, offrant à ses concerts les allures d’une boîte à musique grandeur nature, et terriblement hypnotique.



