Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse
Il était trois fois
Loin de la surenchère visuelle des studios Pixar et affiliés, Michel Ocelot fait figure d’exception dans le domaine du film d’animation. Le Français s’est révélé avec un véritable travail d’artisan, tout en dessins à la main et ombres chinoises. Le père de Kirikou revient avec un neuvième long-métrage sous forme de trois contes – évidemment hauts en couleur.
Trois contes, pour autant d’époques et de cultures différentes, mais tous liés par un fil rouge : à chaque histoire son héros luttant contre une figure autoritaire ou un destin écrit d’avance. C’est ici une princesse d’Égypte antique défiant sa mère pour retrouver l’homme qu’elle aime. Là le fils d’un seigneur cupide et cruel, au Moyen-Âge, quittant le château familial pour devenir justicier. Ou encore une histoire d’amour façon Mille et une nuits dans la Turquie du xviiie siècle, entre un prince rebelle devenu vendeur de beignets et la fille d’un sultan… Michel Ocelot, dans un style inimitable, creuse son sillon avec des récits épurés, sans un mot de trop. Visuellement, le rendu est époustouflant. Ce triptyque ne se limite en effet pas à un style graphique : à chaque conte sa technique. D’abord l’animation dite “à plat”, puis à la manière du théâtre d’ombres chinoises et enfin une réalisation en 3D. Fruit de recherches minutieuses (menées au Louvre ou lors de voyages en Auvergne), l’oeuvre séduit en rassemblant tous les âges autour de valeurs humanistes, où chacun maîtrise son propre destin.
Film d’animation de Michel Ocelot. En salle



