La Cour des miracles
Cas d'école
Présenté hors-compétition lors du dernier Festival de Cannes, La Cour des miracles est le premier long métrage de Carine May et Hakim Zouhani. Cette comédie dresse un portrait drôle et sensible des enseignants exerçant en banlieue. Et s’attaque à un drame bien français : la carte scolaire.
« Ils sont où les blonds là ? ». La question, posée par la mère d’un élève de cette école primaire implantée dans une cité HLM de Seine-Saint-Denis, résume à elle seule le sujet du film : la mixité sociale. Mais plutôt que de le traiter avec gravité, Carine May et Hakim Zouhani ont choisi l’humour. Zahia (Rachida Brakini), directrice de l’école Jacques Prévert, a un problème. Comment convaincre les parents d’élèves de ne pas scolariser leurs enfants dans le nouvel établissement « bobo écolo » ouvrant ses portes dans le quartier pavillonnaire voisin ? Comment attirer les “têtes blondes” dans son établissement ? Pour répondre à ces questions, Marion, professeure débutante (Anaide Rozam), a une idée : créer la première école verte de banlieue. Des moutons, un compost ou encore un poulailler vont s’inviter dans l’équipe pédagogique, pas vraiment branchée “nature”…
Retour aux sources
Si La Cour des miracles est une fiction, le film s’inspire du vécu de ses réalisateurs. Originaires d’Aubervilliers, Carine May (une ancienne professeure des écoles) et Hakim Zouhani y démontrent l’importance du collectif dans l’enseignement, quelles que soient ses origines ou opinions. L’équipe de Jacques Prévert fait corps, pour l’intérêt des enfants. Mais le cœur du propos reste bien la carte scolaire. Comme Michel Leclerc en 2018 avec La Lutte des classes (porté par Leïla Bekhti et Edouard Baer), cette comédie sobrement réalisée dénonce avec pertinence cette ségrégation sociale qui ne dit pas son nom.
De Carine May et Hakim Zouhani, avec Rachida Brakni, Anaïde Rozam, Disiz- Sérigne M’Baye.. Sortie le 28.09



