Kontakthof
Le manège de la vie
Attention, spectacle de légende ! En créant Kontakthof en 1978, Pina Bausch souhaitait déjà qu’il résiste à l’épreuve du temps. En 2000, c’est à des amateurs de plus de 65 ans qu’elle confiait l’interprétation de ce ballet contemporain, puis à des adolescents huit ans plus tard. L’illustre chorégraphe s’est éteinte en 2009, mais son oeuvre lui survit : la pièce, donnée dans sa version originale à Charleroi, n’a jamais été aussi actuelle.
Ils sont 24 interprètes sur la scène, transformée en salle de bal. Douze femmes moulées dans des robes de cocktail, satins chatoyants et drapés travaillés. Douze hommes engoncés dans de sombres costumes-cravates, mine concentrée et cheveux peignés. Prêts à se lancer dans une entreprise pour le moins sérieuse : le grand jeu de la séduction. Avec cette succession de courts tableaux sans lien apparent les uns avec les autres, Pina Bausch affermit à l’époque le concept de danse-théâtre qui fit sa renommée, en laissant s’exprimer les danseurs. Pendant près de trois heures, c’est tout le manège des rapports humains et amoureux qui s’affiche, sur une bande-son des années 1930. Déambulations sensuelles, confrontations épiques, tentatives parfois grossières d’attirer l’attention de l’autre. La danse s’imprègne des petits gestes du quotidien et livre des images saisissantes, tel ce tableau de groupe jazzy où le lâcher-prise règne en maître. À l’aube d’un renouveau (Boris Charmatz prendra la direction du Tanztheater Wuppertal en septembre) la compagnie historique de Pina Bausch affiche avec superbe ce qui fait son ADN.



