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Extreme Witchcraft

E Works / PIAS
Eels

Il y a un peu plus d’un an, Earth to Dora témoignait de la forme olympique de Mark Oliver Everett, pourtant en plein confinement et au milieu des flammes californiennes. Avec Extreme Witchcraft, le doute n’est pas permis : E a bouffé du lion. Après l’orfèvrerie pop mélodique, place aux guitares toutes cordes dehors et aux réverbérations débridées. Pour la première fois depuis le Souljacker de 2001, dont ce nouvel album est cousin, John Parish est aux manettes de l’engin, et sa touche électrique dope les compos d’Everett. Du rock hirsute d’Amateur Hour au folk carillonnant de Learning While I Lose, le disque passe les genres à la moulinette, avec entre autres surprises un funk synthétique (Grandfather Clock Strikes Twelve) absolument irrésistible, et les ruptures de ton de What it Isn’t. Le mordant songwriter conserve son sens “beatlesien” du titre (Strawberries and Popcorn) et signe un 14e album à la fois sauvage et racé. Eels reste intemporel. Devant tant de fougue, qui devinerait qu’Extreme Witchcraft est le fruit d’une carrière longue de plus de 25 ans ? Un album d’une généreuse liberté.

Rémi Boiteux
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