Home Théâtre & Danse Mademoiselle Julie

La Nuit lui appartient

Julie Duquenoy © DR

Plutôt associé aux comédies, Jean-Marc Chotteau sort de sa zone de confort pour créer Mademoiselle Julie, d’August Strindberg. Une tragédie mythique à laquelle le directeur de La Virgule à Tourcoing donne un ton intimiste, tout en respectant les intentions naturalistes du dramaturge suédois.

Le soir de la Saint-Jean, la comtesse Julie s’encanaille avec Jean, le valet de la maison. Après avoir dansé avec lui en public, la jeune fille l’aguiche dans la cuisine, au fil d’une nuit à l’issue tragique où les rapports de force s’inversent, sous les yeux ébahis de Kristin, la sage cuisinière fiancée à Jean… « C’est un huis clos de 1888 absolument moderne qui montre la vérité de la lutte des classes, tellement sulfureux qu’il a été interdit en Suède », décrit le metteur en scène. À rebours de la tendance actuelle, sa Mademoiselle Julie sera donc « hyperréaliste », car comment comprendre la honte qui s’empare de la noble ingénue sans cerner la transgression sociale et morale de sa relation ? « Cela sentira les rognons dans cette cuisine, inspirée du château de Chenonceau », affirme Jean-Marc Chotteau, qui signe aussi les costumes et la scénographie. Sous les traits de Julie, la comédienne Julie Duquenoy exploite toute l’ambiguïté du personnage, séductrice enivrée, fragile et tentant de s’affranchir de sa condition. En face, le cynisme froid de Melki Izzouzi (Jean) assène le propos sur la guerre des sexes que porte aussi Strindberg, connu pour sa misogynie mais auteur sans le vouloir d’une pièce féministe.

Marine Durand // Photo © DR
Informations
Tourcoing, La Virgule
16.11.2021>11.12.2021lun > ven : 20 h • sam : 17 h, 20 > 8 €
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