Le Vivat
Penser les plaies
Marilyn, ma grand-mère et moi et le spectacle Le cercle / Muzzix sont reportés en septembre. Si je te mens, tu m’aimes ? et Née un 17 octobre sont annulés.
Le théâtre ne serait donc pas essentiel. Et susciter l’émotion ou la réflexion, est-ce aussi superflu ? Le Vivat reste persuadé du contraire, proposant en janvier des spectacles en prise directe avec notre monde. Céline Milliat Baumgartner y interroge par exemple la place des femmes. Dans une ambiance cabaret, elle croise le destin de sa grand-mère et celui de Marilyn Monroe, grandes amoureuses délaissées, ayant payé trop cher leur goût pour la liberté… Le Théâtre du prisme nous emmène lui à l’école, où une chamaillerie d’enfants dégénère quand les parents s’en mêlent. La pièce montre comment les angoisses des adultes détruisent, justement, ce qu’ils veulent protéger.
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Enfin, l’islamologue Rachid Benzine et la metteuse en scène Mounya Boudiaf s’intéressent au 17 octobre 1961. Oubliée, cette date renvoie à la violente répression perpétrée par la police française, à Paris, contre 30 000 Nord-Africains qui protestaient contre le couvre-feu imposé par De Gaulle, en réponse aux attentats du FLN. Près de 60 ans et 200 morts plus tard, ce huis-clos familial rouvre les plaies toujours à vif de la guerre d’Algérie, pour mieux comprendre (donc apaiser) une relation tourmentée – entre autres choses “non-essentielles”…



