Bonhomme
Sortie de rut
Trop méconnu du grand public, Nicolas Duvauchelle impressionne dans ce drame sentimental, où il joue le rôle d’un homme-enfant à la libido survitaminée. Après Les Beaux jours ou Et ta soeur, Marion Vernoux signe un grand huit émotionnel qui vous fera rire (un peu) et pleurer (beaucoup).
Piotr et Marilyn, jeunes et têtus, coulent des jours heureux dans la banlieue lilloise. Enfin ça, c’était avant un accident de voiture, causant à Piotr un traumatisme crânien irréversible. Si, en apparence, l’homme n’a pas changé, il a désormais l’autonomie d’un enfant de six ans… et la libido d’un adolescent. Marilyn est toutefois convaincue que leur amour les sauvera. à elle de mettre les bouchées doubles pour conserver “la garde” de son amant insatiable, et incapable d’acheter une simple baguette… Ne tournons pas autour du pot, ce film est une réussite. Difficile de ne pas s’émouvoir face à ce couple au destin funeste. Pas de faux suspense : Piotr ne se rétablira hélas pas. Si certaines scènes sont à mourir de rire (dont celles avec Béatrice Dalle, décortiquant l’amour avec cynisme), c’est bien dans ses moments les plus sombres que Bonhomme atteint ses sommets. On ne peut toutefois éluder la réalisation, parfois chaotique. Pour traduire la confusion de Piotr, la cinéaste a en effet opté pour un montage épileptique, estropiant certains passages dramatiques – dommage. Une maladresse qu’on pardonne vite grâce à la bande-son (coucou les Daft Punk), parfois très mélancolique, ou au jeu de Nicolas Duvauchelle, bluffant dans la peau du fauve en rut.
De Marion Vernoux, avec Nicolas Duvauchelle, Ana Girardot, Béatrice Dalle… En salle.





