W.i.t.c.h.e.s. Constellation
Sorcières bien-aimées
Latifa LaâbissiLa figure de la sorcière hante le travail de la chorégraphe Latifa Laâbissi depuis plusieurs années. Pour Charleroi Danse et le Kunstenfestivaldesarts, la Française concocte un programme en trois temps. Entre pièces et ateliers, elle interroge ce symbole alternatif et fascinant.
La danse de Latifa Laâbissi est peuplée de présences invisibles et de fantômes chargés d’histoires. De fil en aiguille, la sorcière est aussi devenue un motif central de son travail. « C’est un personnage puissant et subversif, luttant depuis la marge. En cela, il m’intéresse tant sur le plan artistique que politique » explique-t-elle. En créant Écran somnambule en 2012, la chorégraphe se place dans les pas de l’Allemande Mary Wigman et de sa Danse de la sorcière. « Imaginé en 1914, ce solo fut un ovni absolu et demeure mystérieux ». À Bruxelles, Latifa présente une nouvelle interprétation de cette chorégraphie, marquée par la possession, des gestes brusques, intitulée Witch Noises. Elle donne aussi carte blanche à Paul Maheke. Celui-ci s’intéresse à l’envoûtement via sa propre histoire familiale, dans une performance alliant danse, vidéo, texte et composition sonore. Enfin, à partir de textes, films et discussions, un atelier ouvert à 10 personnes reconsidère la place des sorcières dans l’Histoire. On observe le retour de cette figure dans l’imaginaire militant, le contexte social actuel, notamment en rapport avec les luttes féministes. Un programme… ensorcelant.
Extrait du spectacle W.i.t.c.h.e.s Constellation – Latifa Laâbissi from Le Triangle on Vimeo.



