20th Century Women
Tu seras un homme mon fils
Comment offrir à son enfant l’éducation juste ? L’aider à grandir avec les meilleures armes, celles qui feront de lui un adulte droit, sensible et équilibré ? Voilà une question qui traverse les frontières et le temps. Elle donne, dans le cas de 20th Century Women, un bien joli film.
Après avoir placé l’intrigue de Beginners (2011) à Los Angeles, Mike Mills reste dans sa Californie natale pour son troisième long-métrage. Plus précisément, à Santa Barbara, durant l’été 1979. C’est l’année où Jimmy Carter, dans un discours télévisé, évoque la « crise de confiance » du peuple américain, celle du deuxième choc pétrolier, de la révolution iranienne… C’est surtout l’année où Jamie, 15 ans, bascule de l’enfance à l’âge adulte, sous le regard bienveillant mais anxieux de sa mère, Dorothea (Annette Bening). Cette dernière, quinquagénaire célibataire, demande à Abbie (Greta Gerwig), une jeune photographe punk, et à l’intrigante Julie (Elle Fanning), amie d’enfance et confidente du garçon, de l’aider à trouver sa voie et s’épanouir en tant qu’homme. Sans se douter que cela implique une plongée dans la scène rock ou l’exploration de l’orgasme féminin. Hommage aux femmes qui ont marqué la vie de Mike Mills, 20th Century Women excelle dans la restitution d’une époque perçue par certains comme la fin d’une ère. Mais la grande histoire, qui apparaît par bribes à l’aide d’une voix off et d’images d’archives, s’efface intelligemment pour laisser place à la petite, bien plus universelle, touchante et drôle.
En salle.





