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Examen de conscience

En une poignée de films, Cristian Mungiu s’est imposé comme le chef de file d’une nouvelle génération de cinéastes roumains. Son Baccalauréat, prix de la mise en scène à Cannes, se révèle un drame intimiste et social conduit comme un polar, entre exploration d’une relation père-fille et cartographie d’un pays corrompu.

Comme un mauvais présage, le film s’ouvre sur une pierre brisant une fenêtre de l’appartement où vivent Romeo, médecin dans une petite ville de Transylvanie, sa femme Magda et leur fille Eliza. Victime d’une agression sexuelle, cette élève brillante qui s’apprêtait à passer les épreuves du baccalauréat voit son inscription dans une université anglaise compromise. Accroché au rêve de voir sa fille quitter un pays gangrené par la pauvreté et la corruption, Romeo se laisse entraîner dans la spirale que lui-même dénonce, en rendant des « services ». Facilitant la greffe de foie d’un homme influent, qui lui promet de « parler » à un correcteur de copies, par exemple. La fin justifie les moyens (illégaux), mais signe la dilution de ses principes moraux… Dans son 5e long-métrage, le réalisateur de 4 Mois, 3 Semaines, 2 Jours met en scène des situations peu à peu gagnées par une dynamique d’engrenage propre au polar. Il parle, surtout, du poids de l’éducation, de la mise à mal de la transmission des valeurs, les idéaux paternels se heurtant au libre-arbitre d’une jeune fille refusant de suivre une route toute tracée. Examen (de conscience) réussi.

Audrey Jeamart

De Cristian Mungiu, avec Adrian Titieni, Maria Dragus, Lia Bugnar… Sortie le 07.12

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