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Transe Orient Express

Les bonnes idées donnent souvent lieu à un maxi parfait, voire un album de bonne tenue. Parfois, aussi, ces bonnes idées s’étiolent, leurs auteurs en ayant épuisé la sève. Ce n’est heureusement pas le cas d’Acid Arab. L’ancien tandem et désormais quatuor a signé un (vrai) premier LP abouti et confirme, en club, sa science du mélange.

Métissage culturel, mariage entre tradition et modernité, acid house sauce harissa… Depuis 2012 et la parution des premiers titres d’Acid Arab, les scribouillards s’en donnent à coeur joie, question lieux communs, pour décrire la musique de Guido Minisky et Hervé Carvalho. À l’origine, pourtant, une idée somme toute simple et presque évidente : harmoniser d’ancestraux instruments arabes (pungi, oud, derbouka…) aux sons électroniques (de l’acid de Chicago à la techno de Détroit en passant par les ramifications du Vieux Continent).

Arabesques soniques

Ils n’étaient pas les premiers : oublions l’aimable curiosité Omar Souleyman, mais souvenons-nous de la rencontre fructueuse entre Serge Teyssot-Gay et Khaled Aljaramani, ou des dynamitages tous azimuts d’un certain Rachid Taha. On ne cite pas ce dernier par hasard : parmi les invités (tel A-Wa), l’ex-Carte de Séjour est présent sur le morceau Houria. Pensé comme une oeuvre à part entière, Musique de France (un titre provocateur par les temps qui courent) donne une très bonne idée de ce que propose Acid Arab sur scène : une incitation à la transe où se confondent instruments antédiluviens et sons synthétiques, de longues plages insensées où l’on se perd tout à fait, des arabesques soniques et des beats qui prennent aux tripes. Une réussite absolue.

Thibaut Allemand
Concert(s)
Acid Arab + Rozzma+Phil Battiekh
Lille, L'Aéronef

Site internet : http://www.aeronef-spectacles.com/

16.12.2016 à 20h0017>10€
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