Agnes Obel
En verre et contre tous
Petit conseil : évitez de filmer ce concert avec votre smartphone. La Danoise n’est pas très branchée réseaux sociaux. Elle en a d’ailleurs fait le sujet de son dernier album. Citizen of Glass (« citoyen de verre ») dénonce en effet l’extrême transparence causée par Internet et la surveillance généralisée qu’elle entraîne. Pour illustrer ce thème « orwellien », cette admiratrice d’Erik Satie, Edgar Poe ou Joni Mitchell fragmente son chant en de multiples voix (comme autant d’identités). Elle use, aussi, d’un instrument mystérieux : le trautonium. Ce synthétiseur aux touches métalliques conçu dans les années 1920 simule le « cri » du verre – on l’entend dans Familiar, merveille de ballade hypnotique dont elle a le secret. Mais peu de chance d’apercevoir la machine sur scène. Celle-ci risque « d’électrocuter le public » prévient la chanteuse. Pas grave. Sa voix cristalline et son élégant jeu de piano nous électrisent déjà.



