Kishi Bashi
Sonderlust
(Joyful Noise / Differ-Ant)Doté de solides accointances indie, l’Américain Kaoru Ishibashi dit avoir conçu son troisième album sous l’alias Kishi Bashi dans le chagrin et la douleur. Difficile à imaginer lors de la découverte de ce Sonderlust tout en titres pop et euphorisants. À l’instar des meilleurs disques de Of Montreal, dont Kishi Bashi est collaborateur (et dont le leader Kevin Barnes vient ici faire un tour), Sonderlust explose la dépression en mille bulles multicolores. Mais là où les hurluberlus d’Athens jouent la surenchère hystérique, Kishi retient les leçons de coolitude d’un Steely Dan mieux encore que nos chers Phoenix auxquels on pense sur Can’t Let Go, Juno. Si l’album commence par un chant très Divine Comedy, c’est pour mieux nous projeter dans un univers bariolé voire azimuté. Exactement à la manière d’un épisode des Simpson, de nombreux titres démarrent avec de fausses pistes avant de libérer toute leur vigueur pop (les incroyables Say Yeah ou Ode to My Next Life). Disco, rock seventies et synth-funk eighties orchestrent ainsi un feu d’artifice dont on se demande pourquoi il est allumé si tard : il contenait tous les tubes de l’été.



