Schitz
Affreux, sales et méchants
David Strosberg avait mis en scène Schitz en néerlandais au KVS en 2004. C’est au début de l’année dernière, à la demande du théâtre parisien de la Bastille, qu’il l’a remonté en français. La version actualisée de cette farce gargantuesque du dramaturge israélien Hanokh Levin n’a rien perdu de son mordant.
D’Hanokh Levin, David Strosberg dit qu’il « fait partie des grands auteurs, car il y a tout chez lui : le tragique, le comique, l’écriture directe, sans stratégie ni demi-mesure. » Point de retenue en effet dans la galerie de personnages de Schitz. La passion du père pour la nourriture n’a d’égale que son goût pour l’argent, la mère ne songe qu’à se trouver un amant, la fille, boulimique et grossière, à épouser un bon parti. Quant au gendre, seule silhouette longiligne au milieu de cette tribu ventripotente, il obtient une promesse de mariage au terme d’âpres négociations. Revenu de la guerre, il ne tarde pas à révéler ses intentions : déplumer beau-papa et belle-maman. Pour accueillir une famille si méchamment caricaturale, le directeur du Théâtre Les Tanneurs a misé sur la sobriété. Le décor est minimaliste, laissant toute la place à ses monstrueux protagonistes, hilarants dans les passages dansés et chantés. « Ce que montre Levin, c’est une société où tout est payable, mais où plus rien finalement n’a de valeur », analyse David Strosberg, soulignant la dimension politique de cette pièce écrite en 1975. Elle n’a visiblement pas pris une ride.



