Hänsel und Gretel
Réécrire l’histoire
De la poignée d’opéras créés par le compositeur allemand Engelbert Humperdinck, la postérité a surtout retenu le « conte théâtral » Hänsel und Gretel, donné pour la première fois en 1893 sous la direction de son mentor, Richard Strauss. Le collectif d’artistes américains Manual Cinema en propose pour La Monnaie une version concert mêlant images projetées et marionnettes, traversée de thématiques actuelles.
Si l’histoire des frères Grimm a été expurgée par Humperdinck de ses morceaux les plus sombres – la marâtre devient une mère désespérée tandis que les enfants bénéficient de la protection d’anges – Manual Cinema choisit d’y introduire une dimension moderne. « Nous nous sommes inspirés de villes comme New York ou Chicago au tournant du XXe siècle », raconte Drew Dir, l’un des cinq membres du collectif. « C’est comme si la révolution industrielle, qui créa autant de richesse que de misère, avait laissé la famille d’Hansel et Gretel du côté des perdants ». En plateau, le conte prend corps à la façon d’un « théâtre d’ombres cinématographique ». Dialoguant avec les six interprètes, une centaine de marionnettes de papier s’animent au moyen de rétroprojecteurs permettant d’alterner plans larges et serrés. Sur le devant de la scène, l’orchestre symphonique dirigé par le chef Lothar Koenigs, fait honneur aux mélodies poétiques aux accents wagnériens. Reste le choeur d’enfants de La Monnaie, ponctuant avec fraîcheur un récit conçu pour des oreilles adultes mais capable de toucher tous les publics.



