BC Camplight
How to Die in the North
Bella Union / Pias CoopTrois morceaux de ce How To Die in the North comportent le mot « Love » dans leur titre. Et ce n’est pas un hasard si on songe au bien nommé groupe d’Arthur Lee à l’écoute de ce premier grand disque de 2015. Brian Christinzo a l’ambition de l’auteur de Forever Changes. Et son écriture musicale toute en volutes mélodiques et arabesques harmoniques fait sonner ce troisième opus comme un trésor caché des années 1970. Il renferme des secrets merveilleux tels Love Isn’t Anybody’s Fault ou le déjà connu Thieves in Antigua – depuis combien de temps n’aviez-vous pas été à ce point emportés par des cuivres mariachi surgissant au beau milieu d’un morceau ? Avec une infinie délicatesse défilent les teintes soyeuses, tropicalia et même funk déconstruit sur le très Dirty Projectors Lay me on the Floor. Mais ce sont surtout des chefs-d’oeuvre de blue-eyed soul viciée mais caressante qui s’enchaînent avec bonheur malgré la tristesse latente. Comme si le coeur brisé d’un Daniel Johnston avait connu les ors d’un studio cinq étoiles pour se déployer : folie douce. Débarqué d’une Philadelphie pourvoyeuse de talents (il fut proche de War on Drugs), BC Camplight a trouvé la grâce dans le ciel pluvieux de Manchester. L’histoire est trop belle pour être vraie ? ça tombe bien, l’album aussi.



