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Comment certains vivent

Dans le confessionnal d’un petit village irlandais, un paroissien annonce au prêtre qu’il l’exécutera dans sept jours. Une vengeance pour les abus sexuels dont il fut victime, enfant, d’un autre curé. Voici le récit de cette ultime semaine. Calvary, ou Golgotha, en anglais.

La confession – ou plutôt, l’avertissement – fut anonyme. Le Père James connaît-il l’identité de son futur assassin ? Sans doute. Le spectateur la découvrira peut-être durant le film. Qu’importe, l’important est ailleurs : dans ces 7 derniers jours accordés à l’homme d’Église. Cet affable barbu doit se mettre en règle avec Dieu – et avec ses ouailles. Alors, on suit la soutane pas à pas. À l’hôpital, où sont prodigués les derniers sacrements. Au pub, bien sûr. Chez un nouveau riche jouant l’épate. Ou sur les plages du comté de Sligo, lors de promenades avec sa fille – née avant qu’il entre dans les ordres. Tous ces lieux et ces rencontres sont l’occasion de pénétrer dans l’intimité de chacun, du boucher au policier. Peu à peu, les langues se délient, les rancoeurs affleurent et surtout, la foi est constamment remise en cause. Contemplatif et sous tension, Calvary est un film existentialiste, interrogeant la portée de nos actes. Le tout est servi par d’excellents comédiens, dont Brendan Gleeson (In Bruges, 2008), et par des dialogues où les aphorismes sont rois mais où jamais ne pointent la théâtralité ou l’esbroufe. Bref, cette oeuvre secoue. Nos convictions, comme nos doutes.

Thibaut Allemand

De John Michael McDonagh, avec Brendan Gleeson, Chris O’Dowd, Kelly Reilly, Dylan Moran… En salle.

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