Gerontophilia
de Bruce LaBruceUn réalisateur à la carrière plus marquée par le porno trash que par la bluette, un sujet atypique – le coup de foudre de Lake, un éphèbe de dix-huit ans, employé d’une maison de retraite, pour l’un de ses pensionnaires… En allant voir Gerontophilia, on s’attendait à tout, sauf à une comédie romantique. Rien de provocant, donc, dans ce Harold et Maude (1972) version XXIe siècle. Bruce LaBruce filme avec malice la fugue de son duo marginal, sans se priver de gros plans sur les peaux fripées devenues objets de fantasmes. Mais le Canadien revendique une certaine distance : là où Harold tombait amoureux de Maude malgré son âge, la romance entre Lake et Mr Peabody se nourrit de l’attirance du jeune homme pour les octogénaires en général. Dommage que ce conte doux-amer, envoyant valser joyeusement le conformisme ambiant, n’atteigne jamais la virtuosité du modèle.
avec Pier-Gabriel Lajoie, Walter Borden, Katie Boland…


