Vincent Delerm
Point d'orgue
Vincent Delerm divise. Reconnu dès son premier album éponyme par une Victoire de la Musique en 2003, le chanteur essuyait par ailleurs des réactions épidermiques. Dix ans plus tard, le trentenaire s’attire les grâces d’un nouveau public avec un cinquième album concept, Les Amants Parallèles ( Tôt Ou tard, 2013), une histoire d’amour en 35 mm. L’occasion de dérouler la bobine.
Né en 1976 à Évreux, ce fils unique d’écrivain et d’illustratrice chérit tant la littérature que le cinéma. De sa maîtrise sur François Truffaut à Deauville Sans Trintignant (in Vincent Delerm, 2002), en passant par la présence de Jean Rochefort dans ses clips, ce cinéphile rend hommage au septième art. Ce photographe occasionnel multiplie les projets, et dévoilait l’an passé une installation au 104 (Paris). Côté musique, à la manière d’une bande-originale, son dernier essai marque un virage stylistique : le name-dropping laisse place à une écriture plus épurée, la voix maniérée de Kensington Square (2004) s’estompe dans la douceur et l’évocation. L’intéressé fait d’ailleurs preuve d’auto-dérision en affirmant qu’entendre sa voix d’avant, c’est entendre Laurent Gerra. Un humour distillé avec justesse sur scène, créant une complicité palpable avec le public. Ici, une scénographie minimale laisse les trois pianos, les six menottes et la beauté des textes déployer toute leur puissance émotionnelle. Et ça, c’est pas du cinéma.



