La Taupe
Morse (2008), faux film de vampire et vraie réflexion sur l’adolescence, avait révélé Tom Alfredson. Aujourd’hui, le Suédois s’empare et détourne le cinéma d’espionnage à l’ancienne en adaptant un best-seller de John Le Carré. Viré suite à une affaire mal gérée, Smiley, un ponte du MI6, est réintégré pour démasquer l’agent anglais qui refile des infos au KGB. Si l’enquête est palpitante, le plus estomaquant des coups tordus n’est pas la révélation de l’identité du traître. C’est cette description d’un milieu absurde, où la guerre froide n’est pas toujours là où on pense. À agent double, film double : La Taupe renoue en apparence avec un certain cinéma britannique des seventies, mais s’impose comme une peinture terriblement moderne de l’usage de la morale dans les sphères du pouvoir.






