Home Best of Chroniques Kae Tempest

The Line is a Curve

American Recordings Republic Records / Virgin

Kate Tempest s’appelle désormais Kae Tempest, choisissant un alias plus neutre pour affirmer sa non-binarité, et ce n’est pas anodin. Cette figure du rap anglo- saxon, à qui l’on doit aussi poèmes, romans (le remarquable Écoute la ville tomber) ou pièces de théâtre s’émancipe de toutes contraintes (de genre, mais aussi artistiques) et cet album en est le manifeste. « Moins de pression, plus de débit, s’il te plaît laisse-moi lâcher prise », entend-on dans More Pressure, soit une ode à la liberté mêlant boucles électro- niques obsédantes et ce spoken word typique, scandé avec un léger accent cockney. Produit par Dan Carey (compagnon de route de Franz Ferdinand), ce quatrième disque s’aventure vers la techno (Move) mais aussi la soul lors d’un duo avec Lianne La Havas (No Prizes), marie pop et synthés (Salt Coast) ou se dépouille de tout apparat lors d’une mer- veille de chanson, accompagnée d’une simple guitare (Grace). « J’ai vu la lumière » avance l’artiste en donnant la réplique à Grian Chatten, le chanteur de Fontaines D.C., et on ne peut qu’y croire. Son prénom a perdu une lettre, mais Tempest a encore gagné en créativité, donnant tout son sens à la définition même du mot rap : rhythm and poetry.

Julien Damien