Entre les lignes

På Stranden © Swen Swensøn

En quelques traits et couleurs bien choisies, Swen Swensøn parvient à susciter nombre d’émotions. Minimalistes, certes, un brin sucrées, ses images nous invitent au rire comme à la réflexion. À y regarder de plus près, cet artiste installé près d’Hambourg, a caché dans ses petites saynètes nombre d’histoires insoupçonnées… Saurez-vous les dénicher ?

Comment êtes-vous devenu illustrateur ? Je n’ai pas poursuivi une carrière au sens ordinaire du terme. J’ai toujours accompli ce que je voulais et aimais faire. Cela m’a fait progresser et, d’une certaine manière, m’a permis de réussir.

Comment décririez-vous votre travail ? Minimaliste et scandinave. Mais, comme je l’ai dit, je fais ce que j’aime et le style n’est que le résultat du processus. Et puis j’essaie toujours d’inclure le spectateur Krus På Bil © Swen Swensondans mon travail, laissant de la place à l’interprétation.

Peut-on dire de votre style qu’il est épuré ? Oui, et rehaussé d’un peu d’humour, mais sans que cela devienne contraignant ou kitsch. Les couleurs jouent aussi un rôle important.

Comment travaillez-vous ? Je varie les techniques. D’abord, soit je réalise une esquisse grossière, soit je traduis par écrits mes pensées en décrivant ce que je vois. Ensuite, je commence l’illustration, sur mon ordinateur sur lequel je peux tester et éditer les couleurs, ou en peignant, le plus souvent à l’acrylique sur toile.

Vos images sont très narratives, n’est-ce pas ? Est-il question de transmettre un message à travers chaque illustration ? Oui, la plupart de mes images fonctionnent de cette façon. Mais certaines ne dévoilent pas leur aspect narratif au premier regard. Je suis alors le seul à connaître leurs intentions. J’essaie de cacher le message de mes œuvres et de ne le rendre visible qu’au second coup d’œil. Certaines créations ne sont pas si simples à interpréter ou aussi évidentes qu’elles n’y paraissent à première vue. Des détails deviennent seulement visibles lorsque vous les regardez de près. Et, tout d’un coup, vous découvrez un nouvel angle…

L’humour semble important chez-vous, n’est-ce pas ? Oui, il est vraiment essentiel. Tout mon travail n’est pas humoristique, mais une bonne partie l’est. J’aime évoquer des sentiments positifs parce qu’il y a déjà JÆVNT-BEGAVET © Swen Swensontrop de choses négatives dans notre quotidien. J’invite donc les gens à se détendre et à se réjouir des belles choses de la vie.

Pouvez-vous nous décrire l’un de vos dessins ? Oui, celle du chien et du chewing-gum. Elle s’inspire d’une histoire bien réelle. Un jour, mon chien a pensé qu’un chewing-gum, trouvé dans la rue, aurait bon goût. Quand ils s’est rendu compte que ce n’était pas le cas, il a essayé de le recracher mais le chewing-gum s’est collé sur son nez. Tentant de s’en débarrasser, il a soufflé par le nez, formant une petite bulle. Bien sûr, j’étais inquiet et lui ai tout de suite retiré. Mais une fois cette situation terminée, j’ai réalisé à quel point c’était drôle. Et l’idée du dessin est née. Bien sûr, la vraie bulle était un tout petit peu plus petite.

Plus généralement, que souhaitez-vous provoquer chez le spectateur ? C’est simple. Je veux faire réfléchir les gens, qu’ils ne considèrent pas tout comme acquis.

Où trouvez-vous votre inspiration ? Dans ma vie, la routine, mes rêves, en tout cas aussi loin que je puisse m’en souvenir. J’ai parfois même trop d’inspiration, et cela m’empêche de me concentrer sur une seule chose à la fois. Malheureusement, les jours ne comptent que 24 heures…

Qui sont vos clients ? Je n’ai pas de clients directs puisque je travaille avec des plateformes ou en Forlystelsespark (... a nice day at the funfair)  © Swen Swensoncollaboration avec des partenaires comme Casper, Breather, Junique, Monoqi ou Society6 et différents décorateurs d’intérieur. Je fais ce que j’aime, sans suivre aucune demande ou instruction spécifique.

Vous créez aussi des vêtements et des designs de skateboard, n’est-ce pas ? Oui, il y a quelques temps, j’ai débuté avec des motifs minimalistes et géométriques pour des tee-shirts ou des planches de surf et de skate. Mais je m’en suis lassé. Maintenant, je raconte mes propres histoires.

Si vous n’étiez pas illustrateur, que seriez-vous ? Enfant, j’ai toujours voulu devenir un auteur, mais la grammaire et l’orthographe n’étaient pas les matières dans lesquelles j’excellais le plus à l’école. Je n’ai donc pas poursuivi dans cette voie… et c’est peut-être la raison pour laquelle j’illustre mes pensées, désormais. Je pense avoir trouvé mon job de rêve. Si ça n’avait pas été celui-ci, ce serait tout de même resté en lien avec l’art. Ou, alors je serais devenu chef ! Il faut cependant avoir bon goût.

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Propos recueillis par Marine Durand

À visiter : www.swenswenson.com

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