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	<title>LM magazine &#187; Wang Bing</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Argent amer</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Dec 2017 04:53:48 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le monumental <em>À l&#8217;ouest des rails</em> en 2003, Wang Bing saisit les manières dont la libéralisation de l&#8217;économie chinoise modifie la société. En 2009, il trouvait ainsi dans l&#8217;exploitation du charbon un moyen de mettre au jour le réseau de circulation du capital. <em>L&#8217;Argent du charbon</em> ne devait hélas connaître qu&#8217;une version télévisuelle de 53 minutes. Argent amer est, d&#8217;une certaine façon, encore une &#8220;coupe&#8221; dans cet immense chantier. Pour ce projet, le réalisateur ne révèle qu&#8217;une part infime des 2 000 heures de rushes qu&#8217;il a tournés dans la région du Zhejiang. Il en tire cependant un film d&#8217;une grande puissance. En suivant le parcours d&#8217;hommes et de femmes (parfois de simples adolescents) quittant leur province pour travailler dans des ateliers de textile, il saisit d&#8217;abord la violence d&#8217;un exil massif. L&#8217;essentiel du récit se déroule néanmoins dans un seul immeuble de béton combinant, pour un rendement maximal, espaces de production et d&#8217;habitation. Ce bâtiment apparaît à la fois comme un lieu d&#8217;asservissement et un petit théâtre. Le labeur se mêle au désœuvrement, les contraintes sociales aux élans intimes. L&#8217;impression qui domine est celle de vies suspendues, en attente d&#8217;un improbable avenir. Pendant ce temps-là, l&#8217;argent coule à flots.</p>
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		<title>Ta’ang</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 00:18:58 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut le répéter : Wang Bing est l’un des plus grands cinéastes contemporains. Entamée au début des années 2000 avec à <em>l’Ouest des rails</em>, son oeuvre n’a cessé d’explorer les marges de la Chine triomphante. Marges historiques (les victimes du maoïsme), géographiques (la région excentrée du Yunnan), sociales (ouvriers, paysans et autres gens de peu). Avec Ta’ang, il se situe encore à la lisière. Celle de deux pays et, surtout, de deux configurations : la guerre et la paix. Alors que les hommes restent à l’arrière pour s’occuper de leurs aïeux et de leur maison, femmes et enfants sont jetés sur les routes. La vie s’organise alors avec les moyens du bord. Depuis <em>Fengming</em> (2007), l’obscurité gagne les films de Wang. Mais jamais elle n’a eu cette densité. D’un fondu au noir à l’autre, les séquences se suivent et la nuit ne finit plus. Elle est devenue un abri où la parole éclot. Les enfants dorment, les femmes évoquent leur histoire, craintes et espoirs. Wang Bing leur ménage une pause, à l’écart du sentiment d’urgence. Ainsi le cinéaste saisit la condition humaine, cette capacité des êtres à se constituer un habitat dans l’endroit le plus rude. Certes, ceci constitue un témoignage fragile face à la violence de l’Histoire. Mais c’est peut-être ce que le cinéma offre de plus essentiel.</p>
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		<title>A la folie</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Mar 2015 07:34:49 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>La coursive d’un immeuble de béton défraîchi. Des chambres communes. Une pièce où trône une vieille télévision. Tel est le territoire qu’internés et cinéaste parcourent. Fidèle à son habitude, Wang Bing se laisse guider. Il accompagne les êtres dans leurs déplacements erratiques ou déterminés. La distance est toujours juste, même dans l’intimité la plus grande. Les raisons de l’internement ne sont qu’à peine dévoilées. Criminels, « fauteurs de trouble » et adolescents fragiles se retrouvent sans distinction derrière les barreaux – cela prouvant encore l’incurie de l’état chinois. Mais, pour Wang Bing, tous se découvrent dans le présent de leurs gestes, leurs paroles, leurs manières de se rendre visible ou invisible. Dans les chambres partagées par quatre ou cinq hommes, où l’on urine debout sur son lit dans une bassine, la couette est le dernier moyen de s’abriter. Mais <em>A la folie</em> ne cherche pas à révéler quoi que soit. Il enregistre plutôt ce besoin de proximité. Et cette nécessité de se construire un refuge. Pour soi et pour les autres. Dans l’oubli de presque tous, des hommes trouvent dans la douceur un moyen de survivre. Et l’image, qui ne vole rien, se glisse entre les gestes comme une caresse.</p>
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