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	<title>LM magazine &#187; Ta’ang</title>
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		<title>Ta’ang</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 00:18:58 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut le répéter : Wang Bing est l’un des plus grands cinéastes contemporains. Entamée au début des années 2000 avec à <em>l’Ouest des rails</em>, son oeuvre n’a cessé d’explorer les marges de la Chine triomphante. Marges historiques (les victimes du maoïsme), géographiques (la région excentrée du Yunnan), sociales (ouvriers, paysans et autres gens de peu). Avec Ta’ang, il se situe encore à la lisière. Celle de deux pays et, surtout, de deux configurations : la guerre et la paix. Alors que les hommes restent à l’arrière pour s’occuper de leurs aïeux et de leur maison, femmes et enfants sont jetés sur les routes. La vie s’organise alors avec les moyens du bord. Depuis <em>Fengming</em> (2007), l’obscurité gagne les films de Wang. Mais jamais elle n’a eu cette densité. D’un fondu au noir à l’autre, les séquences se suivent et la nuit ne finit plus. Elle est devenue un abri où la parole éclot. Les enfants dorment, les femmes évoquent leur histoire, craintes et espoirs. Wang Bing leur ménage une pause, à l’écart du sentiment d’urgence. Ainsi le cinéaste saisit la condition humaine, cette capacité des êtres à se constituer un habitat dans l’endroit le plus rude. Certes, ceci constitue un témoignage fragile face à la violence de l’Histoire. Mais c’est peut-être ce que le cinéma offre de plus essentiel.</p>
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