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	<title>LM magazine &#187; Staline</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Fanny Ardant</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2017 04:01:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Comment est venue l’idée d’adapter le roman de Jean-Daniel Baltassat ? Je n’ai pas lu de grands livres sur Staline mais celui-ci...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment est venue l’idée d’adapter le roman de Jean-Daniel Baltassat ?</strong></p>
<p>Je n’ai pas lu de grands livres sur Staline mais celui-ci m&#8217;a tout de suite intéressée. Parce qu&#8217;il racontait l’histoire d’un Staline se faisant psychanalyser, cette fausse histoire dans la grande histoire&#8230; Je nourris aussi une passion pour la culture russe et, comme je cherchais un rôle à la m esure du talent de Gérard [Depardieu], quelque chose s’est mis en branle. Bien entendu je n’ai pas de formation d’historienne, donc c’était un pari risqué.</p>
<p><strong>Quel Staline souhaitiez-vous montrer ?</strong></p>
<p>La réalité historique ne m’intéresse pas. Je le vois plutôt comme un archétype de dictateur, de la terreur. C’est une figure de la mémoire collective. Quand on parle de Staline, on sait qu’il incarne le pouvoir absolu, celui de vie ou de mort&#8230; Je voulais montrer les sentiments qu&#8217;il inspire : la démission, la soumission, l’acquiescement, la collaboration&#8230; Au fond, je ne souhaitais ni le défendre ni l’accuser. Dans le film, c’est un personnage shakespearien à la manière d’un Macbeth. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi ce château portugais en guise de lieu de tournage. Il a un côté extravagant, comme le palais de Barbe bleue.</p>
<p><strong>De manière plus générale, comment qualifier votre film ?</strong></p>
<p>Ce n’est pas une reconstitution historique, ni un documentaire. Si l’on s’intéresse aux faits et gestes de Staline, autant se tourner vers les travaux des universitaires. De mon côté, j<span class="has-pullquote" data-pullquote="Je propose une fable sur la peur face au pouvoir">e propose une fable sur la peur face au pouvoir</span>. Je montre comment on se délite, on disparaît face à lui.</p>
<p><strong>Avez-vous travaillé avec l’auteur durant la réalisation du film ?</strong></p>
<p>Non, j&#8217;ai retenu ce qui me plaisait dans le roman. J&#8217;ai aussi modifié certains passages. Ainsi, j’ai évacué le côté psychanalytique du personnage historique. Dans le film Lydia occupe une place plus importante. J’ai ajouté certaines scènes comme celle où Staline regarde l’Ange Bleu (de Josef Von Sternberg) pour la mise en abyme avec le mari trompé. J’ai retouché la fin et le sort réservé à certains personnages. Pour le coup, j’ai soumis cette modification à l’auteur, avec qui j’entretiens de très bon rapports.</p>
<p><iframe src="https://player.vimeo.com/video/199136872" width="640" height="268" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Le rapport entre l’art et le pouvoir est central dans le film, n&#8217;est-ce pas ?</strong></p>
<p>En tant qu’artiste, on n’a pas besoin de vivre à l’époque de Staline pour avoir vécu ce rapport au pouvoir et à la peur. Evidemment, on n&#8217;est pas autant menacé de mort. Cela dit, la question de la soumission, de l&#8217;abandon de ses rêves face au pouvoir est tangible. Sans parler du besoin de financements&#8230; Faut-il se couper les ailes pour plaire, être aimé ?</p>
<p><strong>Au-delà de Gérard Depardieu, pouvez-vous nous parler des autres acteurs, Emmanuelle Seigner et Paul Hamy ?</strong></p>
<p>J’aime beaucoup ce mélange de femme fatale et d’enfant, de provocation et de douceur chez Emmanuelle Seigner. On ne sait pas dans quelle eau elle se situe, elle est mystérieuse. Pour le rôle de Paul Hamy, j&#8217;avais besoin d&#8217;une expression plus innocente. Son personnage Danilov est un peintre assez fragile.</p>
<p><img class=" wp-image-65539" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/01/divan_de_stalincalfama-films-production-7-1024x436.jpg" alt="(c) Alfama Films Production" width="803" height="313" /></p>
<p>(c) Alfama Films Production</p>
<p><strong>Pourriez-vous interpréter un rôle dans l&#8217;un vos films ?</strong></p>
<p>J’aurais beaucoup aimé, pour chacun des rôles que j’ai écrits, même les personnages masculins. Mais en tant qu’actrice j’ai tendance à m’oublier, me laisser emporter par le charme d’une scène. Je ne crois pas que j’aurais pu jouer tout en dirigeant les comédiens.</p>
<p><strong>Est-ce que la Russie actuelle vous inspire ? Pensez-vous qu’on pourrait en tirer une fable comme la vôtre ?</strong></p>
<p>Non, parce que la Russie est toujours représentée du point de vue des Occidentaux qui ont le chic pour donner des leçons et distribuer des notes comme si ils étaient les rois du monde. Il est plus intéressant d&#8217;évoquer un pays en multipliant les points de vue. De manière générale, je ne pourrais jamais commenter l’Histoire en train de se faire. Je ne lis jamais la presse, ne regarde jamais la télé car je crois qu’il faut attendre que tout se décante pour savoir où se situe la vérité.</p>
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		<title>Entretien avec Bruno Gaudichon</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Mar 2014 15:40:36 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Best of]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[André Fougeron]]></category>
		<category><![CDATA[Bassin Minier]]></category>
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		<category><![CDATA[Marxisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Staline]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Que représente André Fougeron à vos yeux ? André Fougeron est  moins un peintre engagé qu&#8217;un engagé, peintre. Le XXème siècle a demandé...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><b>Que représente André Fougeron à vos yeux ? </b><br />
André Fougeron est  moins un peintre engagé qu&#8217;un engagé, peintre. Le XXème siècle a demandé aux artistes de prendre position. Généralement, cela intervient ponctuellement, comme chez Picasso. Or, l&#8217;engagement pol de Fougeron est la source principale de son inspiration. Pour lui, la peinture doit être utile.</p>
<p><b>D&#8217;où vient-il ?</b><br />
Il est fils de maçon, donc issu d&#8217;un milieu ouvrier. Il a toujours considéré que cette identité familiale et prolétaire faisait partie de son identitié globale. Il est toujours resté fidèle à ses origines, et a longtemps représenté le peuple dans ses œuvres.</p>
<p><b>Il expose pour la première fois en 1936. Avait-il suivi une formation artistique ?</b><br />
Il est dessinateur textile de formation, mais est devenu ouvrier métallurgiste. En revanche, il suite des cours du soir. C&#8217;est un apprentissage en autodidacte, très lié aux premières maisons de la culture. Les premières sont nées à Paris, dans les milieux populaires, durant les années 30. Dans ces cours, il rencontre sa future épouse, et de nombreux artistes tels Edouard Pignon, animateur du Groupe des Indélicats. On y retrouve de nombreux peintres d&#8217;obédience anarcho-syndicaliste, et Fougeron les rejoint.</p>
<p><b>1936, c&#8217;est également la Guerre d&#8217;Espagne. Fougeron rejoint-il les Brigades Internationales ? </b><br />
Non, mais de 1936 à 1938, son inspiration est très lié à ces événements. En 1938, le peintre adhère au Parti Communiste Français. Il y restera toute sa vie. Prisonnier durant la Seconde Guerre Mondiale, il rentre à Paris et transforme son atelier imprimerie clandestine. Une bonne partie de la presse communiste sera éditée jusqu&#8217;à la Libération. Et en 1945, il est chargé de l&#8217;épuration dans le milieu des Beaux-Arts.</p>
<p><b>Il avait également été affichiste&#8230;</b><br />
Oui. À la fin des années 40, il est créateur officiel des affiches du PCF et de la CGT. Bien qu&#8217;il résiste à la tentation du réalisme photographique, ses dessins préparatoires sont très académiques. Ainsi Jacques-Louis David fut une inspiration avec l&#8217;Hommage à André Houllier (1949).</p>
<p><b>Quelle est l&#8217;histoire de cet hommage ? </b><br />
Fougeron avait signé une affiche contre la course aux armements. Or, Houillet était un colleur d&#8217;affiche qui fut abattu par un policier en civil. Ce fut un drame personnel pour Fougeron, qui s&#8217;estimait responsable, puisque c&#8217;était son affiche que Houillet collait. Pour<a href="http://www.cinearchives.org/Films-447-152-0-0.html" target="_blank"> l&#8217;enterrement de ce militant</a>, Louis Aragon lui demande un tableau, qui fut exposé au Salon d&#8217;Automne 1952, puis offert à Staline. Il est désormais visible au musée Pouchkine à Moscou.</p>
<p><b>Par rapport au PCF, Fougeron était-il un bon petit soldat ?</b><br />
On a souvent vu en lui un tâcheron du PCF, mais c&#8217;était quelqu&#8217;un de très cultivé, raffiné, qui avait une curiosité de tous les instants. Et il possédait également une vraie force morale. Son engagement militant est véritablement né dans la résistance. Il était convaincu bien fondé de son engagement et faisait preuve de rigueur et de fidélité. À l&#8217;époque, la question du stalinisme ne se posait pas de la même manière qu&#8217;aujourd&#8217;hui. Pour beaucoup, Staline, c&#8217;était la victoire de Stalingrad et la victoire sur le nazisme. Il faudra attendre 1953 et le décès du dictateur pour que certains prennent leur distances.<b><br />
</b></p>
<p><strong>Mais il y eut cette anecdote concernant un portrait de Staline par Picasso&#8230;</strong><br />
Le débat était faussé. Fougeron avait décidé que Picasso illustrerait la Une des Lettres Françaises (ndlr. supplément littéraire de l&#8217;Humanité) à la mort de Staline. Or, le dessin de Picasso n&#8217;a pas du tout plu aux autorités communistes. Dans une lettre à la rédaction, Fougeron expliquait ce dessin n&#8217;était effectivement pas adapté pour rendre hommage à Staline. Or, cette lettre fut publiée contre sa volonté, car il représentait, de par son statut, une alternative à Picasso.<br />
(ndlr.<a href="http://www.histoire.presse.fr/collections/plus-fort-que-staline-01-10-2008-7001/picasso" target="_blank">Pour en savoir plus</a>)</p>
<p><b>Au-delà du politique, le style évolue-t-il de 1936 à 1953 ?</b><br />
Oui, c&#8217;est une période particulièrement riche : après l&#8217;expressionnisme et les recherches para-surréalistes de la fin des années 30, Fougeron rencontre Jacques Villon, et s&#8217;intéresse à la défractionnisation de la couleur et de la lumière. Du mitan des années 30 à celui des années 40,<br />
il s&#8217;intéresse à l&#8217;intimité, à la vie de famille&#8230; Plus tard, il portera un regard critique sur cette période, qui représente une parenthèse dans son parcours de peintre engagé. En 1946, il obtient le Prix National.</p>
<p><b>De quoi s&#8217;agit-il ?</b><br />
En fait, c&#8217;est le remplacement du Prix de Rome, qui fut entaché par la Collaboration. Ce prix lui offre une bourse de voyage en Italie. Début 47, Fougeron effectue un long voyage en Italie et visite des sites historiques, des musées, des églises&#8230; Il se passionne pour le peuple italien et les petits laitiers. Il signe d&#8217;ailleurs une série de grandes gouaches de femmes portant des oranges, des artichauts, qui vendent des poissons&#8230;  Des Cariatides représentant le peuple.</p>
<p><b>Et au Salon d&#8217;automne 1948, il crée le scandale&#8230;</b><br />
Oui, le tableau  Les Parisiennes au Marché choque la critique bourgeoise, car elle représente la population ouvrière sans aucun effet décoratif. L&#8217;avant-garde rejette également ses œuvres, car elle préfère la peinture abstraite. C&#8217;est pour Fougeron un pas de plus vers la Nouvelle Objectivité et   Nouveau Réalisme Français.</p>
<p><b>Serait-ce l&#8217;équivalent hexagonal du Réalisme Socialiste ?</b><br />
Pas du tout. Le Réalisme Socialiste représente un âge d&#8217;or à venir, une société parfaite, en accord avec le régime. Or, Fougeron décrit les conditions de vie des gens de la façon la plus réaliste possible. Par exemple, en 1950, il est invité dans le bassin minier pour peindre un cycle à la gloire du pays des mines. C&#8217;est une vraie commande politique de la part d&#8217;Auguste Lecœur (ndlr. 1911-1992, il faillit succéder à Maurice Thorez, mais fut battu sur le fil par Jacques Duclos), qui donna lieu à une publication préfacée par Lecœur mettant sur le même plan les chiffres de la production du charbon, la mémoire des luttes ouvrières du bassin minier et la peinture de Fougeron. Et ce dernier présente ses tableaux à la Galerie Bernheim-Jeune, située dans le VIII° arrondissement de Paris. C&#8217;est une galerie très, très bourgeoise, et cette exposition scandalise les visiteurs traditionnels.</p>
<p><b>N&#8217;étaient-ils pas séduits par l&#8217;exotisme potentiel de ce sujet ? </b><br />
Non. Ces tableaux sont extrêmement durs : on y voit des personnages transformés en robots, ou des écorchés symbolisant les difficultés respiratoires des mineurs, un autre a les jambes coupées&#8230;<br />
<b></b><br />
<b>C&#8217;est proche des expressionnistes allemands comme Otto Dix ou George Grosz.</b><br />
Oui, mais la véritable origine de sa peinture, ce sont les Naturalistes français du XIXème siècle. Pas Millet, dont les formats sont trop petits, mais Lepage et surtout Courbet auquel il rendra un hommage, la <i>Suite Courbet</i>, durant les années 70.</p>
<p><b>Il a continué durant les années 80 et 90&#8230;</b><br />
Oui. Il a peint à propos des guerres de décolonisation (l&#8217;Algérie, le Viet-Nâm&#8230;). Mais aussi sur le massacre de Charonne, la faim dans le monde, l&#8217;Apartheid. Je crois que c&#8217;est le seul artiste a avoir peint sur la Première Guerre du Golfe.<b></b></p>
<p><b>Comment se fait-il qu&#8217;il demeure si méconnu ?</b><br />
Eh bien, de nombreux musées possèdent ses œuvres, mais il y a très peu d&#8217;expositions. Bernard Cesson, directeur du Musée d&#8217;Art Moderne de Saint-Etienne, a beaucoup défendu et acquis ses œuvres. L&#8217;état en a un peu acheté à la fin des années 40, puis s&#8217;en est désintéressé. Aujourd&#8217;hui, certaines pièces demeurent au Musée Pouchhkine de Moscou, d&#8217;autres à la Tate Modern de Londres. Pourtant, il ne faut pas oublier que Fougeron est un père fondateur de la figuration narrative : Bernard Rancillac ou Télémaque sont des enfants de Fougeron.</p>
<p><strong> </strong></p>
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