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	<title>LM magazine &#187; Songs of the Walés</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Patrick Willocq</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2019 04:41:47 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[congo]]></category>
		<category><![CDATA[Musée de la photographie Charleroi]]></category>
		<category><![CDATA[Patrick Willocq]]></category>
		<category><![CDATA[Songs of the Walés]]></category>
		<category><![CDATA[Walés]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Au nord de la République démocratique du Congo, au cœur de la forêt équatoriale, vivent les Ekondas. Depuis des siècles, ce peuple pratique un rituel unique pour célébrer la maternité : celui des Walés. <em>« La plupart de ces femmes sont des pygmées. Dès qu&#8217;elles mettent au monde leur premier enfant, elles quittent leur mari et rejoignent la case de leur mère pour une période de semi-réclusion de deux ans »</em>, explique Patrick Willocq. Durant la première année, elles apprennent à s&#8217;occuper de leur enfant. Ces filles sont alors traitées comme des reines, n&#8217;ont pas besoin de travailler, de se préparer à manger. Il leur est aussi interdit de se promener seule et d&#8217;avoir des rapports sexuels. La deuxième année du confinement est consacrée à l&#8217;élaboration d&#8217;un spectacle dit de &#8220;libération&#8221;. <em>« Chacune raconte ce qu&#8217;elle a vécu. Tous les clans l&#8217;écoutent et, à la fin de la journée, elle redevient une femme comme les autres, mais Walé à jamais »</em>.</p>
<div id="attachment_96725" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-96725" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/xpo_3-patrick-willocq_lm147-1024x771.jpg" alt="Ntembe, Walé épervier" width="995" height="749" /><p class="wp-caption-text">Ntembe, Walé épervier</p></div>
<p><strong>Les chants en images </strong></p>
<p>Né à Strasbourg en 1969, Patrick Willocq a grandi au Congo avant de se perdre dans une carrière de commercial, en Asie. Mais sa passion pour la photographie demeure intacte. <em>« En 2009, je suis revenu dans ce pays pour la première fois depuis 27 ans, et me suis totalement retrouvé. J&#8217;avais laissé une partie de mon enfance ici. J&#8217;ai tout lâché pour m&#8217;y installer »</em>. C&#8217;est par hasard qu&#8217;il rencontre une de ces &#8220;reines&#8221; parées de rouge, dans la brousse. Il est d&#8217;emblée captivé par leurs traditions. <em>« Ces gens prennent le temps de célébrer la naissance d&#8217;une vie. Dans nos sociétés occidentales, nous ne le faisons plus, alors que c&#8217;est tout de même l&#8217;essentiel »</em>. Pour autant, ce n&#8217;est pas l&#8217;aspect ethnographique qui intéresse Patrick Willocq. Il s&#8217;agit plutôt de <em>« traduire la pensée intime de ces femmes »</em>. Durant cette période, chaque Walé compose en effet une chanson qui lui est propre, dévoilant ses projets, ses espoirs&#8230; L&#8217;artiste a ainsi tiré <em>« une représentation visuelle de ces chants »</em>, à travers de grands tableaux vivants, et fantasmagoriques.</p>
<p><iframe src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x4s3ssp" width="480" height="270" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<div id="attachment_96726" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-96726" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/xpo_2-patrick-willocq_lm147-300x225.jpg" alt="La Walé à la balançoire, Lokito – la bruyante." width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">La Walé à la balançoire, Lokito – la bruyante.</p></div>
<p><strong>Jeu collectif<br />
</strong></p>
<p>Ici, on voit Epanza Makita,suspendue à une branche d&#8217;arbre par les pieds, telle la chauve-souris qu&#8217;elle rêve d&#8217;être. Là, Asongwaka vole à bord d&#8217;un avion de bric et de broc, sur un fond de ciel bleu peint à la main. Plus loin, Bakuku s&#8217;affiche au milieu de fourmis géantes, se plaignant de sa belle-famille qui lui servirait de mauvais plats&#8230; Ces mises en scène et décors de sept mètres de long ont été conçus <em>« avec les matériaux du bord et une équipe recrutée sur place : chasseurs, pêcheurs, artisans&#8230;»</em>, détaille l&#8217;artiste, qualifiant sa démarche de <em>« documentaire artistique »</em> &#8211; quelque part entre Michel Gondry et Gauguin (ces couleurs électriques). <em>« Pour moi la photo est la dernière étape d&#8217;un processus de collaboration. Il me faut 45 minutes pour la prendre, mais parfois trois mois d&#8217;immersion pour concevoir une scène. Mes images mêlent à la fois théâtre, installation, musique et peinture, c&#8217;est une pratique hybride »</em>. Et terriblement poétique, n&#8217;est-ce pas ?</p>
<p><iframe src="https://player.vimeo.com/video/246770465?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=96867" target="_blank"><strong>A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE PATRICK WILLOCQ</strong></a></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-96872" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/dsc091791-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Patrick Willocq</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2019 00:46:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée de la Photographie de Charleroi]]></category>
		<category><![CDATA[Patrick Willocq]]></category>
		<category><![CDATA[photos]]></category>
		<category><![CDATA[Songs of the Walés]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Quel est votre parcours ? La photographie demeure ma passion depuis toujours. J&#8217;ai commencé au Congo (qui s&#8217;appelait alors le Zaïre), où...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel est votre parcours ?</strong> La photographie demeure ma passion depuis toujours. J&#8217;ai commencé au Congo (qui s&#8217;appelait alors le Zaïre), où j&#8217;ai grandi. Mon père m&#8217;avait offert un petit appareil quand j&#8217;ai eu 11 ans. Je me suis ensuite dirigé vers une école de commerce, suivant une carrière en Asie dans la vente et la distribution. Mais plus je vieillissais et plus j&#8217;étais frustré de ne pas faire de cet art mon métier. En 2009, je suis revenu au Congo, pour la première fois depuis 27 ans, et me suis totalement reconnecté avec moi-même. J&#8217;avais laissé une partie de mon enfance ici. Dans le vol retour pour Hong-Kong, ce fut le déclic. J&#8217;ai alors tout quitté pour m&#8217;installer ici.</p>
<p><strong>Est-ce à ce moment-là que vous avez découvert les Walés ?</strong> Oui, et complètement par hasard, car il n&#8217;existe aucune documentation sur ce rituel. Cela faisait trois ou quatre ans que je trainais dans cette zone. Le long d&#8217;un lac, il y avait deux chemins et, à chaque fois, je prenais celui menant vers la gauche. Un jour, j&#8217;ai décidé de prendre à droite. 20 kilomètres plus loin, je suis tombé sur une femme à la peau rouge. C&#8217;était une Walé. Ces femmes m&#8217;ont fasciné et je me suis immergé dans leur quotidien.</p>
<p><iframe src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x4s3ssp" width="480" height="270" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une Walé ?</strong> Au nord de la RDC, au cœur de la forêt, vivent les Ekondas. Ce peuple a créé un rituel célébrant les femmes après la naissance de leur premier enfant. Celles-ci ont entre 15 et 18 ans et la plupart sont des pygmées. Toutes ne deviennent pas Walés, c&#8217;est au père de décider. Dès lors, la jeune fille quitte son mari pour retourner dans la case de sa mère durant une période de semi-réclusion de deux ans, parfois cinq.</p>
<div id="attachment_96726" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-96726" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/xpo_2-patrick-willocq_lm147-300x225.jpg" alt="La Walé à la balançoire, Lokito – la bruyante." width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">La Walé à la balançoire, Lokito – la bruyante.</p></div>
<p><strong>Pourquoi cela peut-il durer plus longtemps ?</strong> L&#8217;honneur final est de sortir de ce confinement avec une valise, sorte de dot composée de biens précieux. C&#8217;est le rôle du mari de la constituer. A une époque, il s&#8217;agissait d&#8217;ivoire, de cuivre, de peaux de bêtes&#8230; Mais avec la globalisation et l&#8217;arrivée des produits chinois, ces Walés veulent désormais des sacs, des montres, des chaussures&#8230; tout cela peut donc coûter cher ! Ayant acquis énormément de prestige, il y a beaucoup de concurrence entre ces femmes. Elles restent donc coincées à cause de leurs ambitions.</p>
<p><strong>Comment se déroule ce confinement ?</strong> Durant la première année, la Walé bénéficie d&#8217;un transfert de savoir de la part de sa mère, sa grand-mère et d&#8217;autres femmes du village, afin d&#8217;apprendre à s&#8217;occuper de l&#8217;enfant et devenir parent. Elle est alors célébrée comme une reine-mère, porte des attributs royaux comme des bracelets, un chasse-mouche&#8230; Elle est bien nourrie et demeure en très bonne santé. Elle n&#8217;a pas le droit de travailler dans les champs, de se préparer à manger, se promener seule sans sa cour et, surtout, respecte un interdit sexuel. Les pygmées croient en effet que le sperme pourrit le lait maternel.</p>
<p><strong>Ensuite ?</strong> Durant la deuxième année, chaque femme doit produire un spectacle de danse et de chant lors duquel elle raconte son vécu pendant la réclusion. C&#8217;est une littérature chantée. Les autres clans écoutent sa performance et, à la fin de la journée, elle redevient une femme comme les autres, mais Walé à jamais.</p>
<p><iframe src="https://player.vimeo.com/video/246770465?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>En quoi consiste votre série, <em>Songs of the Walés</em> ?</strong> J&#8217;ai créé une représentation visuelle de chaque chanson inventée par ces femmes. C&#8217;est ma façon de traduire leurs pensées intimes, mais aussi de leur rendre hommage. Chaque femme joue ainsi son propre rôle au sein de scènes et de décors construits sur place, avec les matériaux du bord et l&#8217;aide de chasseurs, pêcheurs, artisans&#8230; Il n&#8217;y a dans mon travail aucune retouche numérique.</p>
<div id="attachment_96724" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-96724" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/xpo_1-patrick-willocq_lm147-300x226.jpg" alt="Walé Asongwaka s’envole" width="300" height="226" /><p class="wp-caption-text">Walé Asongwaka s’envole</p></div>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous fascine dans ce rituel ?</strong> Ces gens prennent le temps de se poser et de célébrer la vie, les vraies valeurs humaines. Dans nos société occidentales, nous ne prenons plus le temps pour cela, alors que c&#8217;est tout de même énorme, l&#8217;origine du monde !</p>
<p><strong>Comment définirez-vous votre travail ?</strong> Pour moi, la photographie constitue la dernière étape de tout un processus participatif. Il me faut parfois trois mois de travail et d&#8217;immersion pour réaliser une scène. Une seule image relève à la fois du théâtre, de l&#8217;installation, de la performance, de la musique, de la peinture&#8230; C&#8217;est une démarche hybride.</p>
<p><strong>Votre pratique se situe-t-elle entre l&#8217;art et le documentaire ?</strong> Oui, mais elle est avant tout collaborative. Il m&#8217;importe en effet que le sujet devienne acteur de son histoire. Il s&#8217;agit de créer un décor avec cette personne afin qu&#8217;elle y joue son propre rôle.</p>
<div id="attachment_96725" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-96725" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/xpo_3-patrick-willocq_lm147-300x226.jpg" alt="Ntembe, Walé épervier" width="300" height="226" /><p class="wp-caption-text">Ntembe, Walé épervier</p></div>
<p><strong>Pourquoi ces femmes ont-elles la peau rouge ?</strong> Elles s&#8217;appliquent sur le corps de la poudre de bois ngola, qui est donc rouge et représente la couleur royale. Celle-ci est censée chasser les mauvais esprits et les hommes. Elle protège aussi la peau contre diverses maladies.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong> Ils sont nombreux. Je me suis récemment installé à La Haye, dans un atelier de 300 mètres carrés, mais je suis toujours en voyage à travers le monde. Ce qui m&#8217;intéresse avant tout, c&#8217;est l&#8217;échange humain. Débarquer dans des lieux improbables et réussir à créer avec des gens très différents de moi.</p>
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