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	<title>LM magazine &#187; Sébastien Delot</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Le mystère Paul Klee</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Nov 2021 01:07:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Bathilde Lacourt]]></category>
		<category><![CDATA[LaM]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Klee]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Delot]]></category>
		<category><![CDATA[Villeneuve d'ascq]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Qu&#8217;est-ce qui caractérise l’œuvre de Paul Klee ? Sébastien Delot : Avant tout la surprise. On ne saurait pas reconnaître au premier...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui caractérise l’œuvre de Paul Klee ? </strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Sébastien Delot :</span> Avant tout la surprise. On ne saurait pas reconnaître au premier coup d’œil une de ses toiles, car on ne peut enfermer Paul Klee dans une lecture univoque. Toute sa vie il a cherché un langage propre, expérimentant sans cesse, à travers les techniques, les sujets, les formes… c&#8217;est un &#8220;mégacréateur&#8221;.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jeanne-Bathilde Lacourt :</span> Oui, il y a toujours un petit quelque chose d&#8217;inattendu, d&#8217;inédit chez lui. D’un point de vue technique, il oscille entre le dessin et la peinture, son œuvre est marquée par une grande recherche matérielle. Il réalise par exemple des marouflages, superposant un papier sur une toile, mais aussi des collages, des peintures sous verre, il utilise la gouache, des couleurs délavées&#8230; C&#8217;est assez unique. Sur le fond, ses tableaux sont marqués par l&#8217;ambivalence, l&#8217;incertitude. On ne sait pas toujours dans quelle mythologie on se situe (nordique ? Orientale ?) ni même comment interpréter certaines formes.</p>
<p><strong>Par exemple ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jeanne-Bathilde Lacourt :</span> Citons ce <em>Paysage avec deux fruits II</em>. Cela ressemble à un paysage au premier abord, mais en regardant de plus près ces deux fruits noirs, on distingue alors des yeux qui transforment la toile en visage.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Sébastien Delot :</span> Ce qui me fascine chez lui, c&#8217;est cette diversité de techniques, de formes, de mythologies, personnelles ou pas. On navigue sans cesse entre ces mondes. Quand vous pensez avoir compris une toile, il y a toujours un petit quelque chose remettant tout en question. Paul Klee provoque un éveil constant.</p>
<div id="attachment_125850" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/11/paul-klee1.jpg"><img class="size-large wp-image-125850" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/11/paul-klee1-1024x417.jpg" alt="Paul Klee, Zweifrucht-Landschaft II (Paysage aux deux fruits II), 1935, 49. Gouache sur papier. 13 x 33 cm. Collection particulière. Photo : DR Laure" width="995" height="405" /></a><p class="wp-caption-text">Paul Klee, Zweifrucht-Landschaft II (Paysage aux deux fruits II), 1935, 49. Gouache sur papier. 13 x 33 cm. Collection particulière. Photo : DR Laure</p></div>
<p><strong>Comment a-t-il façonné cette œuvre si singulière ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jeanne-Bathilde Lacourt :</span> Paul Klee s&#8217;est très tôt distingué de l&#8217;art classique qu&#8217;il avait appris à l&#8217;Académie des beaux-arts de Munich. Il fut vite déconcerté par cet art mimétique qui n&#8217;est finalement pour lui qu&#8217;une éternelle répétition plus du tout appropriée à l&#8217;époque moderne. Il a donc cherché une forme de création se nourrissant d&#8217;une sorte de chaos primordial, puisant en particulier dans différentes images alors rendues accessibles durant la première moitié du XXe siècle par les découvertures archéologiques, les nouvelles collections ethnographiques. Il s&#8217;intéresse ainsi à l&#8217;art asilaire, aux arts du monde, à la Préhistoire, aux dessins d&#8217;enfants aussi, très importants pour lui, notamment après la naissance de son fils Felix.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Sébastien Delot :</span> Oui, les dessins enfants le fascinent car c&#8217;est un moment de la vie où le regard n&#8217;est pas pollué par celui de l&#8217;adulte. Paul Klee, c&#8217;est l&#8217;art de la subtilité, du merveilleux, de la complexité aussi. Comme tous les grands artistes, c&#8217;est une éponge. Son époque est ponctuée de grands bouleversements géopolitiques, avec l&#8217;émergence des Etats-Unis, l&#8217;effondrement de grands empires&#8230; des soubresauts qui se traduiront par deux guerres mondiales. Dans cette société en ébullition, Paul Klee souhaite trouver d&#8217;autres repères. Il a besoin d&#8217;aller vers les marges pour y extraire des éléments intellectuels et visuels nouveaux. Il n&#8217;est jamais dans la citation.</p>
<div id="attachment_125848" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/11/paul-klee.jpg"><img class="size-large wp-image-125848" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/11/paul-klee-1024x886.jpg" alt="Paul Klee, Bastard (Bâtard), 1939. Donation Livia Klee, Zentrum Paul Klee, Berne" width="995" height="861" /></a><p class="wp-caption-text">Paul Klee, Bastard (Bâtard), 1939. Donation Livia Klee, Zentrum Paul Klee, Berne</p></div>
<p><strong>Pourquoi avoir intitulé cette exposition &#8220;Entre-mondes&#8221; ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jeanne-Bathilde Lacourt :</span> Paul Klee est un artiste singulier, car difficile à situer &#8211; une de ces œuvres s&#8217;appelle d&#8217;ailleurs <em>Funambule</em> . Il est toujours entre deux mouvements, deux disciplines différentes, la musique et la peinture. Il est à la recherche d&#8217;un espace situé à la jonction du visible et de l&#8217;invisible, essaie d&#8217;avoir accès à ce qu&#8217;il appelle un &#8220;monde intermédiaire&#8221;, où tout est possible. Il n&#8217;est jamais dans la répétition d&#8217;un modèle, mais en quête de ce qu&#8217;il y avait &#8220;avant&#8221; la création du modèle.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Sébastien Delot :</span> Il veut atteindre l&#8217;essence des choses, revenir à des formes &#8220;qui vont de soi&#8221;. Cette exposition permet d&#8217;approcher un Klee universel à travers des thématiques faisant écho au LaM et à des carrefours de l&#8217;histoire de sa vie, ses temps forts.</p>
<p><strong>Justement, comment avez-vous conçu le parcours de cette exposition</strong> <strong>?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jeanne-Bathilde Lacourt :</span> Celle-ci est organisée selon quatre grandes thématiques (l&#8217;art préhistorique, mais aussi l&#8217;art asilaire, l&#8217;art extra-occidental et les dessins d&#8217;enfants) tout en s&#8217;appuyant sur des archives personnelles de Paul Klee, présentées dans des îlots centraux. Nous suivons cette idée d&#8217;une origine invisible de la création après laquelle il court, sans lui-même être sûr de la trouver, comme une enquête&#8230;</p>
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		<title>William Kentridge raconté par&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Mar 2020 02:31:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[LaM]]></category>
		<category><![CDATA[LAM Villeneuve-D'Ascq]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Delot]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous fascine tant chez William Kentridge ?</strong> C&#8217;est un artiste total, maniant avec virtuosité et jubilation tous les médiums de son temps. A commencer par le dessin au fusain, au centre de toutes ses créations, mais aussi le film d&#8217;animation, la sculpture, la mise en scène, la gravure&#8230; Son travail est à la fois nourri de références, généreux, excentrique, poétique&#8230; Pour moi, c&#8217;est le Picasso de la fin du XX<sup>e</sup> siècle.</p>
<p><strong>C&#8217;est aussi un artiste engagé, dont l&#8217;œuvre est profondément liée à l&#8217;histoire de son pays, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, William Kentridge n&#8217;est pas né dans un pays neutre, il a grandi en Afrique du Sud au moment de l&#8217;Apartheid et dans une famille très engagée. Son père, Sydney Kentridge, est un grand avocat et a notamment défendu Nelson Mandela. Ça ne laisse pas indifférent. William, à sa façon, contribue lui aussi à exhumer ces injustices et ces récits souvent étouffés par les livres d&#8217;histoire. Il s&#8217;intéresse aux zones d&#8217;ombre pour révéler la lumière.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/qBzUpB5g1z0" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Il a notamment créé cette pièce, <em>The Head &amp; The Load,</em> dont on découvre au LaM la maquette et qui rend hommage à ces millions de porteurs africains utilisés par les armées britanniques, françaises et allemandes&#8230;</strong> Oui, et nombre d&#8217;entre eux sont morts pour un combat qui n&#8217;était pas le leur. L&#8217;Afrique du Sud et l&#8217;Europe sont situées sur le même fuseau horaire, le Méridien de Greenwich, et ces deux histoires sont synchronisées. Pour comprendre l&#8217;Afrique on a besoin de comprendre l&#8217;Europe, et vice-versa. William Kentridge nous le démontre à travers cette fameuse pièce qui a été donnée à l&#8217;occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, à la Tate Modern de Londres, puis à New York ou Johannesburg. On espère la voir un jour en France, ce serait nécessaire&#8230;</p>
<p><strong>Comment avez-vous conçu le parcours de cette exposition ?</strong> C&#8217;est une invitation au sein de son studio, qui est un peu comme son cerveau. C&#8217;est le lieu de tous les possibles, il y fait les 100 pas, traquant les images lui venant en tête avant de les dessiner. A travers cette exposition, nous pouvons ainsi regarder le monde avec un autre prisme, peut-être en fermant les yeux sur nos préjugés.</p>
<div id="attachment_112148" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/03/william-kentridge-212.jpg"><img class="size-full wp-image-112148" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/03/william-kentridge-212.jpg" alt="Portrait de William Kentridge par Stella Oliver" width="800" height="534" /></a><p class="wp-caption-text">Portrait de William Kentridge par Stella Oliver</p></div>
<p><strong>Sur quelles œuvres voudriez-vous attirer l&#8217;attention ?</strong> Nous présentons des pièces maîtresses de son travail comme <em>7 Fragments for George Méliès</em>, magnifique œuvre immersive et poétique réalisée en 2003 et rendant hommage à la culture française et à ce &#8220;cinéma du pauvre&#8221;. Je citerai aussi <em>The Refusal of Time,</em> présentée à la fin du parcours. C&#8217;est une synthèse de la mécanique Kentridge, une œuvre d&#8217;art totale, mêlant danse, chant, processions, collages, mais aussi Afrique et Europe&#8230; C&#8217;est un véritable &#8220;volcan&#8221; de créativité, ne laissant personne indifférent.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=112119" target="_blank">A LIRE AUSSI : LA VISITE DE L&#8217;EXPOSITION</a></strong></p>
<div id="attachment_112141" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/03/william-kentridge-25.jpg"><img class="size-medium wp-image-112141" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/03/william-kentridge-25-300x200.jpg" alt="Vue d'exposition" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Vue d&#8217;exposition</p></div>
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