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	<title>LM magazine &#187; Renaud Lacoche</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Scieur Z</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 09:01:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Renaud Lacoche]]></category>
		<category><![CDATA[scie musicale]]></category>
		<category><![CDATA[Scieur Z]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Comment est venue l’idée de jouer de la scie ? Ce son envoûtant et mystérieux m&#8217;a attiré d&#8217;emblée, dès le début des années...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment est venue l’idée de jouer de la scie ?</strong> Ce son envoûtant et mystérieux m&#8217;a attiré d&#8217;emblée, dès le début des années 1980, et peut-être même avant, inconsciemment, avec le chant des rails de mon enfance, que je nomme &#8220;la voix des voies&#8221;. A la suite d&#8217;un vagabondage un peu partout en France, je suis enfin tombé sur Ze instrument que j&#8217;ai pu essayer dans un magasin de musique, à Strasbourg. Une révélation. Le parcours du combattant a été de trouver une véritable scie du type &#8220;Lame&#8221; (introuvable à l&#8217;époque).</p>
<p><strong>Comment as-tu fait ?</strong> J&#8217;ai dû écrire à Maurice Dalle (le plus célèbre lamiste des 70’s), qui m&#8217;a gentiment recommandé à son artisan-fabricant. Ensuite, grâce aux conseils d&#8217;un clown local qui en jouait et à la vieille méthode Keller, j’ai joué <em>all by myself</em> ! L&#8217;idée de l&#8217;incorporer dans &#8220;Président Z&#8221; est venue spontanément, car depuis longtemps j&#8217;admirais des groupes qui utilisaient des instruments décalés : violon pour le Velvet ou Orchestre Rouge, flûte traversière pour Genesis, King Crimson ou Jethro Tull&#8230; J&#8217;ai alors voulu mettre en valeur cet instrument totalement délaissé dans l&#8217;histoire du rock (hormis quelques rares incursions, comme chez Can, par exemple).</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/txn2lPkwq4k" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Est-ce aussi l&#8217;expression d&#8217;une certaine cinéphilie ? Je pense à Bernard Herrmann et son utilisation du thérémine dans le film <em>Le Jour où la Terre s&#8217;arrêta</em>, entre autres&#8230;</strong> Oui, j&#8217;ai revu récemment <em>Vol au-dessus d&#8217;un nid de coucou</em> de Milos Forman. J&#8217;avais totalement zappé la fantastique musique qui l&#8217;accompagne, et surtout qu&#8217;on y entendait de la scie. Je citerais aussi presque tous les films de Costa Gavras (particulièrement <em>Z</em>, évidemment), <em>Orange Mécanique</em>, Buñuel, quelques westerns comme <em>Little Big Man</em> ou ceux avec la musique d&#8217;Ennio Morricone, les films muets expressionnistes allemands et bien d&#8217;autres, qui apparaissent dans les montages vidéo que je propose en <em>live</em>. La scie se nomme aussi &#8220;lame sonore&#8221;, d&#8217;où l&#8217;un de mes titres les plus cinéphiles baptisé <em>L&#8217;âme s&#8217;honore.</em>.. <span class="has-pullquote" data-pullquote="J'ai toujours accordé une place très importante à la musique de films.">J&#8217;ai toujours accordé une place très importante à la musique de films.</span> Par contre, hormis mes propres créations vidéo, je n&#8217;ai jamais vraiment réalisé de &#8220;vraies&#8221; bandes originales. D&#8217;où mon projet <em>Scie-Né MuZic</em>, sous-titré « pour films imaginaires » !</p>
<p><strong>Avec <em>Train de vie</em>, s’agit-il d&#8217;explorer cette thématique ferroviaire qui t’est si chère et cette fameuse &#8220;voix des voies&#8221; ?</strong> J&#8217;ai sorti ces deux albums quasi simultanément, <em>Train de vie</em>, plutôt chanson / pop-rock, et <em>Scie-Né MuZic</em>, plus expérimental. <em>Train de Vi</em>e est aussi un livre (recueil de poésie et textes des chansons). J&#8217;ai décidé de prendre le &#8220;meilleur&#8221; des deux, en alternant les titres instrumentaux. Il y avait déjà des projections de mes montages vidéo, mais en revanche aucun masque ni costume (hormis ma chemise à Z). Plus sobre donc, mais ce n&#8217;était pas le même propos non plus. La thématique du train est venue d&#8217;une prise de conscience que le son de la scie se rapprochait vraiment beaucoup de cette &#8220;voix des voies&#8221;, sons plaintifs issus des frottements des rails sur les voies, que j&#8217;entendais la nuit dans la maison de mon enfance, située tout près de la gare de Tergnier (l&#8217;une des plus grandes gares de triage de France !).</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/VF7MDthqjVs" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong> Les trains, au fond, c’est une histoire de famille ?</strong> Oui, mon père était cheminot, à l&#8217;époque où la SNCF voulait encore dire quelque chose et n&#8217;avait pas vendu son âme au néo-libéralisme !</p>
<p><strong>Aurait-on pu voir Scieur Z soutenir les cheminots en grève ?!</strong> Là, tu ne crois pas si bien dire ! J&#8217;avais justement glissé dans l&#8217;oreille de mon manager l&#8217;idée de monter un &#8220;festoche&#8221; de soutien aux grévistes cheminots avec mon association (A.D.S. &#8220;Avec Des Scies&#8230;&#8221;), et dont la totalité des bénéfices aurait été entièrement reversée aux grévistes sur Tergnier, fief SNCF. Ça aurait bien fonctionné je pense. Hélas, notre emploi du temps ne nous l&#8217;a pas permis&#8230;</p>
<p><strong>Ton frère (Philippe Lacoche, journaliste et écrivain – ndlr) et toi aviez œuvré ensemble en 2007. Pensez-vous remettre ça un jour ?</strong> Nous avions collaboré et cela avait donné <em>Lady B</em> (paru chez Le Castor Astral en 2007 – ndlr), conte érotico-pop écrit par mon frère, dont il m&#8217;avait confié la mise en musique. J&#8217;avais alors quasiment tiré un trait sur mes projets pour me consacrer à la rénovation de ma maison. C&#8217;est lui qui m&#8217;a remis le pied à l&#8217;étrier ! Ce fut une très belle expérience. Sa petite amie de l&#8217;époque, Lou Mary, me donnait les répliques sur CD comme sur scène. Nous avions fait une résidence sur Soissons, quelques dates à sept musiciens, puis en trio, mais hélas l&#8217;aventure s&#8217;est arrêtée. J&#8217;ai masterisé <em>Virtuellement Vautre</em> au studio Bleu Lune, où nous avions enregistré <em>Lady B</em>.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-90876" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/10/c-marie-t.-scarcella-2-225x300.jpg" alt="MarieT.SCARCELLA" width="225" height="300" /></p>
<p><strong><em>Virtuellement Vautre</em>, justement. S&#8217;agit-il d&#8217;un nouvel album ou d’une réédition, voire d’une compilation ?</strong> Il ne s&#8217;agit ni d&#8217;une réédition, ni d&#8217;une compil&#8217;. Par contre, il est exact que certains titres avaient été créés à la fin des années 1990, mais ils ont été réarrangés et réactualisés. Et de nouveaux morceaux sont nés depuis, dans la même veine et autour du même thème central, d&#8217;où mon envie de le mener à bien et de le concrétiser en un &#8220;concept-album&#8221;.</p>
<p><strong>Comment restituer cet album sur scène ?</strong> En solo, du moins pour l&#8217;instant. Car je reste toujours ouvert à différentes collaborations (danseurs, musiciens&#8230;), mais tout dépend des lieux et surtout des budgets ! <span class="has-pullquote" data-pullquote="Sur scène, chaque titre devient une aventure sonore, mais aussi visuelle">Sur scène, chaque titre devient une aventure sonore, mais aussi visuelle</span> (gestuelle déglinguée avec accessoires et masques). Il y a également des créations vidéo (illustrations plastiques, films d’animation, clins d’œil aux films muets de Murnau, Fritz Lang&#8230;). C&#8217;est une toile de fond dont l’ambition est de renforcer l’univers proposé, tout en offrant au spectateur quelques clefs pour mieux cerner le sens, parfois caché, des chansons.</p>
<p><strong>De par les thématiques que tu abordes (la cybernétique, le transhumanisme, le capitalisme, la maltraitance animale&#8230;), te décrirais-tu comme un artiste &#8220;engagé&#8221; ?</strong> Même si je m&#8217;en défends, car je n&#8217;aime pas ce terme, il faut bien reconnaître que oui, d&#8217;une certaine façon. Et, une fois de plus, on peut faire le lien avec Président Z dans lequel tous les quatre étions de fervents admirateurs et lecteurs assidus de Bakounine, Kropotkine, Malatesta, Reclus, Proudhon et tant d&#8217;autres&#8230; Poésie et politique peuvent faire bon ménage, à condition que l&#8217;alchimie soit bien dosée et assez fine. Il me revient une maxime de mon cru de l&#8217;époque de Président Z :<span class="has-pullquote" data-pullquote=" « L'art n'est pas qu'un cri, mais je préfère le cri sans la forme, que la forme sans le cri » "> « L&#8217;art n&#8217;est pas qu&#8217;un cri, mais je préfère le cri sans la forme, que la forme sans le cri » </span>!</p>
<p><strong>Président Z a constitué ton premier véritable projet musical. Avec le recul, qu&#8217;est-ce qui a manqué à ce groupe à l&#8217;époque selon toi pour être signé et basculer définitivement du côté du culte ?</strong> Il y a eu d&#8217;autres formations auparavant (Paillasson, Bananamour, Circé), mais effectivement &#8220;PZ&#8221; a été l&#8217;expérience la plus marquante. Celle où j&#8217;étais le plus impliqué artistiquement, humainement et politiquement (ce qui formait un noyau soudé). Je pense qu&#8217;à l&#8217;époque il nous manquait un bon manager, quelqu&#8217;un qui aurait pu créer le lien avec les labels et les organisateurs. Il n&#8217;y avait que le batteur et moi-même qui étions parfois sur Paris, et jouer une musique novatrice entre prog&#8217; / post-punk et cold wave dans une petite ville de province restait un handicap insurmontable pour l&#8217;époque.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/MJlpnyiILYE" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Tu as aussi participé à l’album d’Amadou &amp; Mariam, <em>Un Dimanche à Bamako</em>. Peux-tu nous en dire plus?</strong> J&#8217;ai enregistré deux titres avec mes instruments (scie et guitare-cello) : <em>La Fête au village</em> et <em>Camions sauvages.</em> C&#8217;est grâce à leur directeur artistique, Marc-Antoine Moreau, que je connaissais quand il était aux éditions Polygram chez Universal, et qui aimait beaucoup ma scie. Il a donc tenu promesse, en m&#8217;invitant à participer à cet album, chose rare dans ce milieu. Ce qui est assez marrant, c&#8217;est que l&#8217;enregistrement a été réalisé dans des conditions assez précaires, déjà le nom du studio : &#8220;Misère&#8221; (transformé ensuite en &#8220;Cantina&#8221;) ! Bref, rien ne laissait présager que le disque deviendrait disque d&#8217;Or et serait récompensé aux Victoires de la Musique ! Marc-Antoine est ensuite devenu le manager d&#8217;Amadou &amp; Mariam, et s&#8217;occupait aussi de Radio Marais sur Paris. Il m&#8217;avait proposé des dates d&#8217;interviews, mais il a été victime du paludisme en Afrique, et en est mort hélas&#8230;</p>
<p><strong>Finalement, te considères-tu comme un &#8220;plasticien sonore&#8221; ?</strong> Oui, un peu, au regard de ma formation de plasticien, les recherches de sonorités et mes différentes collaborations &#8220;bruitistes&#8221; (Emmanuel Mailly, Bernard Szajner). J&#8217;aime explorer les sons pour créer des textures et des ambiances sonores. Ainsi &#8220;explorateur sonore&#8221; serait peut-être plus approprié. Mais j&#8217;aime aussi ne pas perdre de vue la mélodie et les harmonies, qui doivent néanmoins toujours me surprendre.</p>
<p>&nbsp;</p>
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