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	<title>LM magazine &#187; Marie Curie</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Normand Baillargeon</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Apr 2012 14:54:03 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Culture générale]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Comment définiriez-vous la culture générale ? J&#8217;essaie d&#8217;en proposer un modèle assez modeste. La culture générale serait la manière la plus large...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment définiriez-vous la culture générale ?</strong><br />
J&#8217;essaie d&#8217;en proposer un modèle assez modeste. La culture générale serait la manière la plus large possible de parcourir toutes les formes de savoirs. Et je dis bien « la plus large », car bien que qualifiée de « générale », elle néglige souvent de nombreux domaines.</p>
<p><strong>Comme les sciences, auxquelles vous consacrez une belle partie de l&#8217;ouvrage ?</strong><br />
Par exemple. La culture générale idéalisée est très nettement artistique, littéraire et humaniste. Or, afin que cette culture soit réellement « générale », elle doit être complétée d&#8217;un bagage mathématique et scientifique. Il est impossible de comprendre le monde et d&#8217;exercer une citoyenneté pleine et entière sans maîtriser un minimum de références scientifiques et mathématiques. Cet idéal remonte aux Lumières, à Condorcet : une union des maths, des sciences, des lettres et des humanités.</p>
<p><strong>Vous évoquez même un snobisme</strong> <strong>anti-maths !</strong><br />
Oui. C&#8217;est la seule des formes de savoir où l&#8217;on peut sans mal être fier d&#8217;être incompétent. Personne ne se vante de ne pas savoir qui est Bach, Shakespeare ou Molière. Ce phénomène est étrange, mais universel. Cela tient sans doute à l&#8217;enseignement, basé sur l&#8217;utilitarisme. Or, les mathématiques ont une valeur intrinsèque qui n&#8217;a pas à être justifiée par une utilité supposée.</p>
<p><strong>Pourquoi dites-vous que la culture</strong> <strong>générale est « excluante » ?</strong><br />
On peut émettre des réserves sur le caractère « général » de cette culture. Je la trouve sexiste, entre autres, car dans beaucoup de formes de savoirs, les contributions féminines ont été occultées. Prenons un exemple : au début des années 1960, James Watson et Francis Crick ont reçu le prix Nobel pour leur découverte de l&#8217;ADN. Mais ils ont reconnu plus tard qu&#8217;ils n&#8217;auraient jamais décodé l&#8217;ADN sans le travail de la biologiste moléculaire Rosalind Elsie Franklin, dont le nom est passé à la trappe. Il y a des contre-exemples, comme Marie Curie, mais ce n&#8217;est rien à côté de l&#8217;immensité des oublis ciblés. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La culture générale reste un héritage de l'Histoire et reproduit les conditions matérielles objectives dans laquelle on vit">La culture générale reste un héritage de l&#8217;Histoire et reproduit les conditions matérielles objectives dans laquelle on vit</span>, avec ses biais et ses exclusions.</p>
<p><strong>Y-a-t-il des rapprochements</strong> <strong>entre</strong> <strong>culture populaire et</strong> <strong>« haute » culture ?</strong><br />
Pendant longtemps, au nom de la distinction, pour reprendre le terme de Pierre Bourdieu, la haute culture se définissait en opposition à la culture populaire. Depuis 50 ans environ, ces rapports changent : à l&#8217;université, <span class="has-pullquote" data-pullquote="on peut désormais étudier Hendrix ou les Beatles en musicologie et faire un mémoire de littérature sur Brassens">on peut désormais étudier Hendrix ou les Beatles en musicologie et faire un mémoire de littérature sur Brassens</span>. Je m&#8217;en réjouis, car des éléments issus de la culture populaire sont dignes de faire partie de cette culture générale. Mais il faut éviter de tomber dans le relativisme du tout-culturel.</p>
<p><strong>À propos de culture populaire, vous</strong> <strong>évoquez également les bourses du</strong> <strong>travail du XIXe siècle.</strong><br />
Je suis frappé, lorsque je viens en France, par le nombre d&#8217;anciennes bourses du travail. C&#8217;était des lieux qui, en plus d&#8217;être des lieux de combat, de solidarité et d&#8217;entraide, étaient marqués par un profond respect pour la culture, le savoir et l&#8217;éducation. Soit les trois piliers pour l&#8217;émancipation individuelle et collective. Aujourd&#8217;hui, la classe ouvrière n&#8217;a plus ces endroits, et je le crains, s&#8217;est même détournée de l&#8217;envie de culture. De son côté, l&#8217;école a tendance à répondre aux exigences économiques en préparant à l&#8217;emploi. Il s&#8217;agit de « compétences » et non de « connaissances ». Le rapport au savoir, et donc à la culture générale, est totalement différent.</p>
<p><strong>Internet a-t-il pris le relais de ces</strong> <strong>bourses du travail ?</strong><br />
Pour l&#8217;heure, c&#8217;est vrai, on peut réellement se cultiver sur le Web. On trouve même de nombreux sites pédagogiques absolument passionnants. Mais c&#8217;est également la source d&#8217;une grande illusion, selon laquelle la transmission de savoirs ne serait plus nécessaire, puisqu&#8217;il suffirait de piocher des informations sur la Toile. Or, un savoir préalable est nécessaire avant de s&#8217;attaquer à la masse de données dont dispose Internet, ne serait-ce que pour trier le vrai du faux !</p>
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