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	<title>LM magazine &#187; Marc Bretillot</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Serial Eater</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2020 03:00:52 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Se nourrir est plus qu’une simple fonction vitale. Les futuristes italiens l’avaient bien compris. Au début du XXe siècle, ce mouvement pose un regard visionnaire sur notre pi- tance, pour la transformer en objet d’art. Les Transalpins organisent des banquets farfelus où l’on &#8220;déguste&#8221; par exemple du poulet farci aux roulements à billes, histoire d’offrir un petit goût métallique au repas&#8230; Cette appétence pour la technologie et la machine (et par rebond la SF) inspirera des années plus tard le food design. Le quoi ? Simplement le design appliqué à l’alimentation.</p>
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<p><strong>Chimère nature</strong></p>
<p>Le premier à employer ce terme n’est autre que Martí Guixé. En 1997, le Catalan réinterprète le fameux pain à la tomate, emblématique de sa région. Baptisée <em>Spamt</em>, sa création prend la forme du fruit rouge, qui renferme tous les ingrédients originaux (et non plus disposés en équilibre sur une tartine). Pratique et esthétique. <em>« On peut le savourer en marchant. C’est la même recette, mais il s’agit ici d’appréhender le plat d’une autre manière, de le rendre compatible avec nos vies nomades »</em>, explique Benjamin Stoz, le commissaire de cette exposition.</p>
<div id="attachment_116084" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/09/serial-eater1.jpg"><img class="size-full wp-image-116084" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/09/serial-eater1.jpg" alt="-Cakes, 2001 © Martì Guixé Ce gâteau s’offre comme un graphique avec le pourcentage des ingrédients le composant. Photo Inga Knoelke/Imagekontainer" width="800" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">-Cakes, 2001 © Martì Guixé Ce gâteau s’offre comme un graphique avec le pourcentage des ingrédients le composant. Photo Inga Knoelke/Imagekontainer</p></div>
<p>Dans le même ordre d’idée, l’<em>Hommage à Jean Prouvé</em> du Français Stéphane Bureaux (2004) est lui composé d’éléments préfabriqués à assembler à la maison. Poussant le pragmatisme à son paroxysme (au ridicule ?), la société japonaise Open Meals imprime des sushis répondant à nos carences. <em>« Vos analyses de selles et d’urine sont envoyées au restaurant, qui vous mitonne ensuite votre repas idéal »</em> &#8211; miam. Plus poétique, la Néerlandaise Marije Vogelzang a façonné des créatures chimériques, offrant ainsi une histoire à de la viande végétalisée, à l’image de ses &#8220;pontis&#8221;, mi- souris, mi-lièvres.</p>
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<p><strong>Le compte est bio</strong></p>
<p>Est-ce vraiment si mal de jouer avec la nourriture ? À l’heure où l’Homme est de plus en plus soucieux de son alimentation, et surtout de son impact sur l’environnement, c’est de- venu une nécessité. Voici d’ailleurs tout le propos de cette exposition : <em>« imaginer d’autres futurs alimentaires »</em>. Chloé Rutzerveld interroge alors nos pratiques d’élevage en exhibant de grosses sauterelles difformes, sans ailes. Va-ton engendrer de super-insectes comme on a conçu de super-poulets pour doper notre production ?</p>
<div id="attachment_116083" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/09/serial-eater.jpg"><img class="size-full wp-image-116083" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/09/serial-eater.jpg" alt="Broiler’ Insects, 2019, © Chloé Rutzerveld L’avenir des insectes comestibles ?" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Broiler’ Insects, 2019, © Chloé Rutzerveld L’avenir des insectes comestibles ?</p></div>
<p>Les végans, eux, trouveront sans doute leur bonheur avec les algues à cultiver chez soi (on crache dans le bocal pour créer le substrat) ou même&#8230; les lichens. <em>« Honnêtement, ce n’est pas très bon</em>, avoue Benjamin Stoz. <em>Ça s’apparente à une sauce pesto terreuse »</em>. Non, le goût n’est pas toujours au rendez-vous. <em>« Les food designers ne sont pas cuisiniers, et inversement. Si les Français accordent une importance aux saveurs (question de culture) les Allemands ou les Hollandais seront plus spéculatifs, au détriment des propriétés organoleptiques »</em>. Alléchantes ou pas, ingénieuses ou parfois effrayantes, ces créations bousculent d’abord nos a priori, nourrissant l’esprit avant même l’estomac&#8230;</p>
<div id="attachment_116085" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/09/serial-eater2.jpg"><img class="size-full wp-image-116085" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2020/09/serial-eater2.jpg" alt="Emome, 2017 © Rae Bei-Han Kuo Ce projet étudie le rapport entre sensations en bouche et émotions." width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Emome, 2017 © Rae Bei-Han Kuo Ce projet étudie le rapport entre sensations en bouche et émotions.</p></div>
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