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	<title>LM magazine &#187; Les autres</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Tania Dutel</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 05:45:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Lille]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>De quoi parle votre spectacle ? Principalement de choses que j&#8217;ai vécues, j&#8217;exagère des anecdotes personnelles, mais très peu en fait !...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De quoi parle votre spectacle ?</strong> Principalement de choses que j&#8217;ai vécues, j&#8217;exagère des anecdotes personnelles, mais très peu en fait ! Pas même la fois où un mec m&#8217;a invitée dans les catacombes de Paris, pour un premier &#8220;date&#8221;.</p>
<p><strong>D&#8217;où vous vient cette propension à évoquer des sujets aussi intimes&#8230;</strong> Le fait de raconter sa vie est propre au stand-up. Mine de rien, dans les comedy clubs, on entend beaucoup de trucs persos. Disons que je vais peut-être plus loin que d&#8217;autres. D&#8217;ailleurs, on dit souvent de mon humour qu&#8217;il est &#8220;trash&#8221;, mais je n&#8217;aime pas trop ce qualificatif. &#8220;Cru&#8221;, à la rigueur&#8230; Tout est une question de sensibilité, c&#8217;est tellement subjectif.</p>
<p><strong>Vous abordez aussi des thèmes qu&#8217;on n&#8217;a pas l&#8217;habitude d&#8217;entendre sur scène, comme le trouble alimentaire par exemple&#8230; Est-ce une forme de catharsis ?</strong> Pour moi l&#8217;humour n&#8217;est pas une thérapie. C&#8217;est plutôt une façon d&#8217;aborder librement un sujet jugé honteux, et je crois que ça fait du bien aux gens qui en souffrent. Il m&#8217;a fallu 20 ans pour prendre conscience de cette maladie, qui touche d&#8217;ailleurs du monde, des femmes comme des hommes, sans qu&#8217;ils s&#8217;en rendent forcément compte.</p>
<p><strong>S&#8217;agit-il de vous livrer pour mieux parler des autres ?</strong> Exactement, et c&#8217;est toute la magie du stand-up : les gens peuvent s&#8217;identifier, se reconnaître dans ce que je raconte, sauf peut-être lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un rencard dans les catacombes&#8230;</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/OQW2LZxnYpg?si=mXFvE0klaSlmp1xO" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Lorsque vous écrivez, vous fixez-vous des limites ?</strong> Aucune, en tout cas plus maintenant. Avant, j&#8217;essayais de proscrire les mots grossiers sur scène, de faire attention à ce que je disais, mais on me jugeait malgré tout vulgaire&#8230; alors j&#8217;y suis allée à fond ! Ma seule crainte c&#8217;est de blesser les gens, c&#8217;est pour ça que je ne parle que de moi.</p>
<p><strong>N&#8217;est-ce pas une forme de sexisme ? Quand les hommes se montrent grossiers sur scène, on ne leur fait pas ce procès&#8230;</strong> Eux diront le contraire, mais c&#8217;est complètement ça ! En général, ça gêne les hommes quand les femmes abordent sur scène des sujets <em>touchy</em>, comme la sexualité. Beaucoup de filles aussi d&#8217;ailleurs. Je pense que ça tient du conditionnement.</p>
<p><strong>Pourtant, lorsque vous avez débuté, vous étiez dans un registre plus absurde, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, j&#8217;ai commencé fin 2008, j&#8217;avais eu mon bac l&#8217;année précédente ! J&#8217;étais très jeune et c&#8217;était bien avant la vague MeToo, qui a aussi bouleversé les codes de l&#8217;humour en permettant aux femmes de s&#8217;exprimer plus librement.</p>
<div id="attachment_156486" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/02/tania-dutel1.jpg"><img class="size-full wp-image-156486" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/02/tania-dutel1.jpg" alt="© Patrick Fouque" width="800" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">© Patrick Fouque</p></div>
<p><strong>Est-ce MeToo qui vous a fait changer de registre ?</strong> Non, j&#8217;ai commencé à causer de sexualité sur scène un an avant l&#8217;apparition de ce mouvement, en 2016.</p>
<p><strong>Quel fut le déclic, pour vous ?</strong> J&#8217;ai grandi dans une famille assez traditionnelle, avec les codes du patriarcat, comme beaucoup. Mais c&#8217;est vraiment lorsque j&#8217;ai débuté le stand-up, à Paris, que j&#8217;ai subi la misogynie et le sexisme des humoristes, dans les comedy clubs. Ça m&#8217;a révoltée, alors j&#8217;ai commencé à parler de ce dont j&#8217;avais envie. Pourquoi les gars raconteraient-ils ce qu&#8217;ils veulent sur scène et pas nous ?</p>
<p><strong>On pense aussi à Blanche Gardin en vous écoutant&#8230;</strong> On me le dit souvent, car c&#8217;est la première qui s&#8217;est révélée dans ce registre. Quelque part, elle a ouvert la voie. Cela dit, on était plusieurs à aborder les questions de sexe avant son premier spectacle, mais pas encore connues.</p>
<p><strong>Quel est votre rapport à la scène ? Vous paraissez assez flegmatique&#8230;</strong> Parce que je suis comme ça dans la vie de tous les jours. Et puis je ne vais pas rigoler de mes propres blagues, comme certains. Ça, ce serait vraiment gênant.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/-HAme-0qbec?si=Tf8TkDwc8KxvXq15" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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